Le Festival Format Court, qui a lieu du 2 au 6 avril 2025 au Studio des Ursulines à Paris, continue de dévoiler sa programmation. La 7e Bobine vous propose de revenir sur les œuvres présentées ce jeudi.
À marée haute, de Camille Fleury
Pour Maya, 14 ans, le mois d’août en famille rime avec ennui. L’arrivée de son oncle Jean, 32 ans, fait naître l’espoir d’une liberté nouvelle. De jour en jour, leur complicité grandit.
Intéressant court-métrage, qui évoque les vacances d’été, l’ennui d’une adolescente et l’arrivée bénéfique d’un oncle. Sur l’île de Ré, la cinéaste filme une passion, à la limite de l’amour, cachant peut-être un soupçon de masculinité toxique et beaucoup d’ambiguïté. À marée haute surfe sur ce mystère relationnel, évoquant aussi la solidité des liens familiaux.
Esquisse d’Albert, d’Hugues Perrot
Albert est un homme d’une trentaine d’années dont la trajectoire serait celle d’une rivière, qui partirait de la montagne pour se jeter dans la mer. Albert avance, sans but, et s’enfonce dans le paysage. Il est atteint d’une curieuse folie de la fin du XIXe siècle : la maladie des « fous voyageurs ». C’est plus fort que lui, il s’éloigne inexorablement de ceux qu’il aime.
Le court-métrage d’Hugues Perrot peut se résumer ainsi : il s’agit d’un essai fantastique, narrant les divagations d’un personnage en pleine crise d’automatisme. À mi-chemin entre le surnaturel et la réalité, Esquisse d’Albert explique, en 17 minutes, comment on peut se détacher d’une société oppressante. Plus qu’une simple histoire de fantômes, de spectres, ce format court est sûrement à l’image d’une modernité qui pousse à respecter les conventions sociales, en s’oubliant.
La Fille qui explose, de Caroline Poggi et Jonathan Vinel
Depuis trois mois, Candice explose tous les jours. Parfois même deux voire trois fois par jour. Son record, c’est sept fois. Actuellement, elle en est à 192 explosions !
La meilleure œuvre présentée ce jeudi. Le duo Poggi et Vinel, toujours débordant d’originalité, crée un court animé pour dénoncer le mal-être ressenti par Candice, un personnage qui souffre d’isolement et semble s’éloigner des diktats sociaux. Encore un exemple d’un monde peu adapté aux différences, La Fille qui explose traite du suicide, un fléau tristement d’actualité. L’univers visuel du film rappelle les plus belles cinématiques de jeux vidéo, un choix qui permet à Poggi et Vinel de laisser libre cours à leur imagination, jusqu’à aller dans le trash et la provocation.
1 Hijo & 1 Padre, d’Andrés Ramírez Pulido
Kevin est un garçon difficile. C’est vrai qu’il a tendance à perdre son sang-froid lorsqu’on se moque de lui. Après un énième dérapage, il est contraint de participer à une thérapie comportementale réservée aux hommes. Kevin devrait s’y rendre avec son père, mais celui-ci refuse d’y aller. C’est le beau-père de Kevin, qui ressemble plus à son petit frère, qui est désigné pour l’accompagner.
Avec ce court-métrage, Andrés Ramírez Pulido s’intéresse encore au sujet de la délinquance des mineurs, sujet déjà traité dans son film L’Eden. Simple, sa réalisation plonge au cœur d’un concept expérimental visant à solidifier les relations entre les pères et les fils. Sans égratigner l’image de la figure paternelle, ce court décrit comment la délinquance naît des conflits familiaux. Intéressant.
Car Wash, de Lais Decaster
Ma sœur Auréa nettoie avec soin sa voiture dans une station-service. Elle me raconte pourquoi elle l’aime tant, comment elle impressionne ses copines au volant, mais aussi comment elle l’utilise comme outil de drague.
Pas vraiment de commentaires à faire sur Car Wash, qui fait de la voiture une puissante arme de séduction, de consommation, presque un outil indispensable à la société moderne. La jeune femme présente bichonne son automobile, laisse peu de place à la saleté, raconte les discussions lors des trajets. En bref, une superficialité assumée qui laisse de marbre.
