Disparition du cinéaste américain James Foley

Réalisateur discret mais respecté, James Foley s’est éteint cette semaine à l’âge de 71 ans, après avoir affronté un cancer du cerveau pendant près d’un an. Cinéaste des marges hollywoodiennes, il aura traversé quarante ans de cinéma en explorant la violence intime, les jeux de pouvoir et les failles humaines.

Révélé en 1986 avec Comme un chien enragé, drame familial incandescent avec Sean Penn et Christopher Walken, Foley impose d’emblée une mise en scène tendue, resserrée sur les visages, les non-dits, les trahisons. Il n’aura de cesse, par la suite, de scruter les zones grises de l’âme humaine.

On lui doit l’inoubliable Glengarry Glen Ross (1992), huis clos acerbe adapté de David Mamet, avec une distribution dantesque (Al Pacino, Jack Lemmon, Ed Harris…). Le film, par sa sécheresse et son intensité, reste une leçon de direction d’acteurs et de dramaturgie.

Capable de naviguer entre le cinéma d’auteur et les productions à grand public, Foley signera aussi des thrillers efficaces (FearConfidenceDangereuse Séduction) et deviendra, dans les années 2010, le réalisateur des suites de Fifty Shades of Grey. Si ces blockbusters ne reflètent pas toute la finesse de son œuvre, ils témoignent de sa capacité d’adaptation aux diktats d’une industrie mouvante.

Moins connu : son influence dans la pop culture des années 80 via ses collaborations avec Madonna, dont il réalisa plusieurs clips et un film (Who’s That Girl). À la télévision, il laissa aussi sa marque sur House of Cards ou Hannibal.

James Foley n’aura peut-être jamais cherché la lumière. Mais il laisse une œuvre cohérente, tendue, traversée par une obsession : révéler ce que chacun cherche à dissimuler.

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