Gilles Lellouche en héros de la résistance

Après avoir conquis le public avec L’Amour ouf, Gilles Lellouche change radicalement de registre. Il s’apprête à incarner l’un des visages les plus puissants et symboliques de la France libre : Jean Moulin. Le film, intitulé sobrement Moulin, est confié au réalisateur hongrois László Nemes, connu pour son approche sensorielle et intime de la Seconde Guerre mondiale dans Le Fils de Saul.

Plutôt que de livrer un simple biopic héroïque, le film s’annonce comme une plongée tendue et épurée dans les derniers mois de la vie de ce haut fonctionnaire devenu le lien vital entre les mouvements de résistance intérieure. À travers ce personnage, c’est le combat pour l’unité, la clandestinité et la dignité face à la barbarie qui sera raconté.

Le scénario, signé Olivier Demangel, explore les choix, les silences et l’ombre qui entourent l’homme. Peu porté à se mettre en avant, Moulin est ici dépeint comme un stratège discret, méthodique, jusqu’à son arrestation par la Gestapo et sa confrontation avec Klaus Barbie, interprété par l’Allemand Lars Eidinger. La violence ne sera pas tant dans les images que dans les non-dits, dans cette tension souterraine chère à Nemes.

Tourné en français, Moulin ambitionne de toucher un public au-delà des frontières. Car si l’histoire est profondément française, les enjeux — le courage, la résistance, la fidélité à une idée de l’homme — sont universels. Le film interroge : que vaut une vie lorsqu’elle se fait rempart contre l’oubli ?

Avec Gilles Lellouche dans un rôle d’une gravité inédite pour lui, et Nemes derrière la caméra, Moulin pourrait bien devenir un moment de cinéma fort, politique et bouleversant. À découvrir prochainement, et déjà très attendu.

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