Le maestro Lalo Schifrin s’est éteint

Le monde du cinéma et de la musique a perdu l’un de ses compositeurs les plus iconiques : Lalo Schifrin s’est éteint paisiblement à l’âge de 93 ans, a confirmé son fils Ryan Schifrin. Pianiste surdoué, chef d’orchestre d’envergure mondiale et compositeur de génie, il laisse derrière lui une œuvre monumentale, traversée par le souffle du jazz, du suspense et de l’élégance.

Son nom restera à jamais associé aux quatre notes les plus haletantes de la télévision et du cinéma : celles du thème de Mission: Impossible, en 5/4, reconnaissables entre mille, qu’il composa en 1966 et qui accompagna Tom Cruise sur grand écran jusque dans les blockbusters du XXIᵉ siècle. Ce thème, nominé aux Grammy trois années de suite (1967-1969), a été repris, réorchestré, remixé, mais reste à jamais celui de Schifrin.

Mais réduire Lalo Schifrin à Mission: Impossible serait oublier l’immense palette d’un compositeur qui écrivit plus de 100 partitions pour le cinéma et la télévision : Bullitt, L’Inspecteur Harry, Luke la main froide, Opération Dragon, THX 1138, Le Kid de Cincinnati, Amityville.

Né à Buenos Aires en 1932, formé à la rigueur classique à Paris, il fut aussi un jazzman d’exception, collaborant avec Dizzy Gillespie, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Count Basie ou encore Stan Getz. De la scène de jazz à Hollywood, en passant par les plus grands orchestres du monde qu’il dirigea (London Symphony, Philharmonique de Vienne, Philharmonique d’Israël…), Lalo Schifrin fut un passeur entre les mondes : l’improvisation et la rigueur, le swing et le suspense, l’Amérique et l’Argentine, les salles obscures et les studios d’enregistrement.

Récompensé par quatre Grammy Awards (et 19 nominations), six nominations aux Oscars, il reçoit en 2019 un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, rejoignant ainsi Ennio Morricone et Quincy Jones au panthéon des compositeurs salués par l’Académie.

Jusqu’à ses dernières années, il n’aura jamais cessé de composer, d’enregistrer et de transmettre. Son dernier album sortait en 2018. À la croisée des styles, à l’écoute des images, il fut de ces artistes qui donnent un rythme au monde.

Lalo Schifrin n’écrivait pas pour illustrer : il écrivait pour révéler.

Son œuvre, elle, est immortelle.

Laisser un commentaire