Du 1er au 5 octobre 2025, la ville de Dinard accueillera la 36ᵉ édition de son festival du film britannique et irlandais. Cette année, c’est Rupert Everett qui en présidera le jury. Une annonce pleine de sens pour un festival qui, depuis sa création, célèbre un cinéma anglophone à la fois populaire, politique et profondément humain.
L’acteur britannique, révélé dans les années 1980 avec Another Country — où il incarnait déjà, à vingt-cinq ans, une jeunesse élégante et révoltée —, n’a cessé de naviguer entre cinéma d’auteur, grands studios et engagements personnels. Son parcours traverse des œuvres aussi différentes que Un Mari idéal d’Oliver Parker, Le Mariage de mon meilleur ami avec Julia Roberts, Napoleon de Ridley Scott, ou encore My Policeman, portrait sensible d’un amour clandestin dans les années 1950.
Mais Rupert Everett ne se résume pas à une filmographie brillante. Il est aussi écrivain, mémorialiste (Red Carpets and Other Banana Skins, Vanished Years), documentariste (Love for Sale, primé aux Grierson Awards), et réalisateur. En 2018, il signe The Happy Prince, biopic fiévreux et intime sur les dernières années d’Oscar Wilde, qu’il incarne avec une justesse bouleversante. Le film, trop discret en France à sa sortie, est l’une des plus belles méditations contemporaines sur la chute et la dignité.
À Dinard, son regard promet de faire honneur aux récits atypiques, aux voix dissonantes, aux figures décalées. Car Everett, derrière la silhouette de dandy aristocrate, a toujours été du côté des marges. Son goût pour les personnages ambigus, mélancoliques ou excentrés, pourrait teinter la sélection d’une belle singularité.En choisissant Rupert Everett, Dinard affirme une fidélité à l’élégance et à l’esprit britannique, mais aussi une ouverture à la subversion douce. Un président à l’image du cinéma qu’on y défend : cultivé, libre, et profondément vivant.
