Pour remettre au goût du jour le mythique Superman, DC Studios s’est associé à James Gunn, avec l’ambition de moderniser l’emblématique super-héros à la cape rouge. Déjà relancé à travers les productions de Zack Snyder, Superman revient sur grand écran dans une version très attendue. Mais contrairement à ce que certains espéraient, le film de Gunn ne retrouve en rien l’élégance ni la profondeur du classique de Richard Donner (1978).
Alors que le studio cherchait à s’émanciper de l’image incarnée par Christopher Reeve, figure légendaire des années 70-80, le film de James Gunn sature l’écran d’effets visuels spectaculaires, sans jamais susciter la moindre émotion. À la subtilité de la relation entre Clark Kent et Lois Lane, le réalisateur préfère un tourbillon coloré, jusqu’à l’excès, composé de scènes tapageuses et d’une esthétique clinquante.
Gunn, transfuge de Marvel, recycle les recettes qui ont fait le succès des Gardiens de la Galaxie : mise en scène nerveuse, humour omniprésent, personnages excentriques. Transposées ici, ces formules peinent à s’accorder avec l’univers de Superman. Cette version « modernisée » ressemble moins à une relecture inspirée qu’à un divertissement formaté, aligné sur les standards du moment.
Le style Gunn, tape à l’oeil, entre gags insistants et scènes frénétiques, fait planer l’ombre de Peter Quill à chaque instant. Tout – du ton à l’imagerie – rappelle les Guardians, au point d’écraser toute tentative d’originalité.
Richard Donner reste celui qui, encore aujourd’hui, a su capter la grandeur du héros en mêlant noblesse et émotion. À l’inverse, James Gunn livre une relecture spectaculaire mais sans âme, sacrifiant l’humanité sur l’autel de l’esbroufe. Le film évacue toute dimension mythologique pour s’intégrer dans une logique de crossover, où l’apparition de Green Lantern et d’autres figures DC évoque davantage l’univers Marvel que celui de Superman.
James Gunn a certes le mérite d’avoir tenté une actualisation du mythe, mais il accouche d’un Superman plus superficiel que profond. Exit le souffle épique, la dimension morale, l’incarnation héroïque. Dans le rôle-titre, David Corenswet peine à s’imposer : l’aura de Christopher Reeve continue, elle, d’habiter la légende avec une puissance intacte.
Superman, de James Gunn, en salles le 9 juillet 2025.
Note:
2/5
La bande-annonce:
