The Unknown Country: à la decouverte des racines amérindiennes

Emporté par un souffle à la Kelly Reichardt, The Unknown Country part à la rencontre du peuple amérindien dans un road-movie à la frontière du film et du documentaire.

À la suite du décès de sa grand-mère, Tana décide de sillonner les routes américaines. Une invitation familiale inattendue à un mariage la pousse à renouer avec ses origines, sur les terres de ses ancêtres. Lily Gladstone, évidemment choisie pour incarner ce rôle, se glisse à merveille dans la peau de cette femme éprouvée par le deuil. Révélée notamment dans Killers of the Flower Moon, où elle rendait hommage à ses racines, l’actrice américaine s’investit pleinement dans The Unknown Country, un film qui fait écho à son propre passé — et, plus largement, à celui des Indiens d’Amérique.

Morrisa Maltz nous embarque dans un voyage loin des zones urbaines, au cœur des contrées profondes du pays, à la découverte d’un peuple aujourd’hui souvent invisibilisé, vivant en communauté dans des réserves. La cinéaste construit son œuvre selon un dispositif mêlant fiction et documentaire, laissant une large place à des comédiens plus ou moins amateurs, comme pour insuffler un supplément d’authenticité. The Unknown Country est moins une narration classique qu’une initiation à la richesse des cultures amérindiennes, empreinte d’humanité et de liens familiaux puissants, avec des regards résolument tournés vers l’histoire et la mémoire des aïeux.

En célébrant les traditions ancestrales, Maltz propose une invitation à la découverte d’un héritage souvent ignoré, à rebours des standards américains. Le film dévoile peu à peu un monde soudé, attaché à la terre, à la famille, à l’identité — tout simplement. Tana devient alors presque une guide, que l’on suit jusqu’au Texas dans une pérégrination autant funéraire que spirituelle, à la recherche de l’âme défunte de sa grand-mère, dont la belle robe blanche semble prolonger la douceur du souvenir.

The Unknown Country n’est pas tout à fait un film au sens classique, puisqu’il est ponctué de séquences où des autochtones livrent un témoignage intime sur leurs vies. Mais il rappelle la sensibilité de Kelly Reichardt : celle d’une autre Amérique, faite d’autres regards et d’autres réalités. Au fil des tribulations de Tana se pose la question de l’assimilation, de la continuité des coutumes, de l’identité face à la modernité. Lily Gladstone incarne subtilement ce personnage tout en retenue, dans ce qui devient, à bien des égards, le portrait touchant d’une représentante d’un peuple enraciné dans les fondements mêmes des États-Unis.

Porté par une forme indépendante, sans narration linéaire, construit à la manière de Nomadland, le film est magnifié par une musique lumineuse et une caméra au plus près des visages. La mise en scène capte avec finesse les intentions émotionnelles de chacun, dans un cinéma du lien, du silence et de la transmission.

The Unknown Country, de Morrisa Maltz, sur Universciné le 16 juillet 2025.

Note:

4/5

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