Le Festival du film britannique et irlandais de Dinard a refermé sa 36ᵉ édition dans des conditions météo pour le moins éprouvantes. Sous des bourrasques et une pluie continue, le jury mené par Claire Chazal – appelée à remplacer Rupert Everett, rentré d’urgence au Royaume-Uni – a tout de même célébré un cinéma porté par le réalisme et le jeu d’acteur, plus que par la prise de risque formelle.
Le Prix Talent de demain Ouest-France est revenu à Lollipop de Daisy-May Hudson, récit d’une mère en lutte pour retrouver ses enfants. Un premier film salué pour sa sincérité et la force de ses interprètes, notamment les jeunes acteurs. Côté courts métrages, le public a distingué Run Like We de Rhys Aaron Lewis, chronique d’un père poussant son fils vers la gloire sportive dans le Londres des JO de 2012.
Le public a également plébiscité Mr Burton de Marc Evans, fresque académique retraçant les débuts du futur acteur gallois Richard Burton. Ce film, déjà auréolé de succès populaire, a offert au jeune Harry Lawtey le Prix d’interprétation du jury pour son incarnation habitée et nuancée.
Le Prix spécial du jury a récompensé The Damned de Thordur Palsson, drame glaçant situé dans l’Islande du XIXᵉ siècle. Huis clos oppressant où la culpabilité se mêle à la peur du surnaturel, il séduit par sa maîtrise visuelle et son climat de tension permanente.
Enfin, le Hitchcock d’or a été décerné à Dragonfly de Paul Andrew Williams. Le film suit une femme isolée, vivant à la marge avec sa chienne, qui noue un lien ambigu avec une voisine âgée. Ce drame social glisse progressivement vers le thriller psychologique, soutenu par un duo d’actrices impressionnant : Andrea Riseborough et Brenda Blethyn.
Si la sélection n’a pas manqué de qualité, certains regrets persistent : My Father’s Shadow d’Akinola Davies Jr, très remarqué à Cannes, est reparti sans prix. Une décision jugée trop prudente, à l’image d’un palmarès plus ému que téméraire.
Malgré la tempête, Dinard a confirmé son rôle de tremplin pour un cinéma britannique à la fois humaniste et intimiste, où les acteurs demeurent les véritables phares dans la nuit.
