Le réalisateur et dramaturge Xavier Durringer est mort à 61 ans

Le réalisateur et auteur de théâtre Xavier Durringer est mort d’une crise cardiaque à son domicile de L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Il avait 61 ans. Cinéaste des marges et des désillusions, il s’était imposé dans les années 1990 comme une voix singulière du cinéma français, capable de mêler réalisme social, humour noir et poésie brute.

Issu du théâtre, qu’il aborde très jeune en fondant sa propre compagnie à Paris, Durringer s’était fait remarquer au festival d’Avignon avec des textes percutants, souvent portés par une langue vive et des personnages en colère. Son univers scénique, peuplé d’hommes et de femmes à la dérive, parlait d’une société déboussolée, toujours sur le fil entre dérision et tragédie.

Au cinéma, il s’était révélé avec La Nage indienne en 1993, avant de signer J’irai au paradis… car l’enfer est ici, polar âpre et nerveux coécrit avec un ancien braqueur. Mais c’est avec La Conquête (2011) qu’il atteint une notoriété nationale : une plongée acide dans les coulisses du pouvoir, où Denis Podalydès incarnait Nicolas Sarkozy. Présenté à Cannes, le film avait provoqué la curiosité autant que la controverse par son ton à la fois satirique et politique.

Dernièrement, Durringer s’était aventuré dans la comédie de science-fiction avec L’Homme parfait (2022), où un couple débordé engageait un robot pour sauver son mariage. Ce mélange d’ironie sociale et de regard tendre sur les failles humaines résumait bien sa filmographie : un cinéma de l’empathie, sans cynisme mais sans complaisance.

À la télévision, il avait également exploré les dérives du capitalisme dans la série Scalp (Canal+, 2008), chronique d’une génération de golden boys rongée par l’ambition et la solitude.

Homme de mots autant que d’images, Xavier Durringer aura cherché toute sa vie à capter la vérité des êtres, entre colère et tendresse. Sa disparition laisse un vide dans le paysage culturel français, celui d’un auteur qui croyait encore que la parole, le théâtre et le cinéma pouvaient dire le monde autrement.

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