Nos coups de coeurs et coups de griffes de la semaine

Retrouvez les coups de coeurs et les coups de griffes de cette semaine du 15 octobre 2025.

Les coups de coeurs:

Journal intime du Liban

Myriam El Hajj dresse un portrait saisissant d’un pays ravagé par des décennies de guerre, de corruption et de désillusion. En filmant le Liban de l’intérieur, la réalisatrice capte la colère et la lassitude d’un peuple pris dans un engrenage politique sans fin. À travers trois figures – Georges, vétéran mutilé ; Joumana, candidate aux législatives ; et Perla Joe, artiste révoltée – le film explore les multiples formes de résistance.
Poignant et nécessaire, Journal intime du Liban est à la fois un cri et un acte de mémoire, redonnant au pays sa voix et son humanité.

Marcel et Monsieur Pagnol

Avec Marcel et Monsieur Pagnol, Sylvain Chomet, l’auteur des Triplettes de Belleville, signe un film d’animation vibrant retraçant le parcours de Marcel Pagnol. Entre humour et tendresse, le réalisateur évoque la trajectoire de l’écrivain marseillais, de ses débuts hésitants à sa consécration.
L’esthétique chaleureuse rappelle celle des Triplettes, restituant la verve du Midi et la poésie des souvenirs d’enfance.
Œuvre érudite et sensible, Marcel et Monsieur Pagnol s’impose comme une déclaration d’amour au cinéma français et à son patrimoine.

Deux pianos

Dans Deux pianos, Arnaud Desplechin compose une œuvre d’une rare pudeur, où la musique remplace les mots. Mathias Vogler (François Civil), pianiste exilé, revient à Lyon pour rejouer avec son ancienne professeure (Charlotte Rampling) et affronter les fantômes de son passé, dont Claude (Nadia Tereszkiewicz), l’amour perdu.
Entre ombre et lumière, Desplechin signe un film d’accord et de réconciliation. Porté par une mise en scène élégante et une musique envoûtante, Deux pianos s’impose comme une œuvre de maturité, simple et bouleversante.

La vie de château

Avec La Vie de château, Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’Limi livrent un film d’animation d’une infinie délicatesse. Violette, huit ans, orpheline, trouve refuge chez son oncle Régis, gardien du château de Versailles.
Le film aborde le deuil sans pathos, préférant les gestes, les silences et la douceur des couleurs pastel. La musique d’Albin de la Simone accompagne cette relation fragile entre l’enfant et l’adulte, où renaît une tendresse à réapprendre.
Lumineux et pudique, La Vie de château rappelle que même après la perte, il reste toujours un geste, une parole, une lueur d’espoir.

Le coup de griffe:

The Chronology of Water

Pour sa première réalisation, Kristen Stewart ose la radicalité. The Chronology of Water raconte la descente d’une jeune femme marquée par une enfance violente et une relation destructrice avec son père. Entre drogues, excès et autodestruction, la cinéaste explore la douleur et la survie avec une intensité brute.
Un film sincère et courageux, mais dont le ton souvent doloriste finit par étouffer l’émotion. Premier essai marquant, mais trop sombre pour emporter totalement l’adhésion.

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