Alice Vial réunit Magalie Lépine-Blondeau et Jonathan Cohen dans L’Âme idéale, une comédie romantique teintée de fantastique, qui évoque un Ghost à la française, revisité avec douceur et un supplément d’âme. Le film part d’une idée simple : un accident peut parfois mettre deux êtres sur le même chemin. Dans ce cas précis, il provoque la rencontre inattendue d’Elsa, infirmière capable de percevoir les morts, et d’Oscar Blum, musicien dont l’existence s’interrompt brutalement lors d’un trajet en taxi.
Elsa, habituée à accompagner les vivants comme les défunts, mène une vie sentimentale au point mort. L’irruption d’Oscar, esprit encore déboussolé par sa disparition, bouleverse cet équilibre. Peu à peu, un lien affectif se tisse entre eux, donnant naissance à une histoire romantique légère, accessible, sans prétention, mais suffisamment sincère pour capter l’attention.
Alice Vial signe un film profondément féminin, où la sensibilité guide le récit plus que l’effet spectaculaire. Elle imagine un duo singulier reliant les deux mondes, celui des vivants et celui des disparus. Si le scénario fait parfois la part belle aux bons sentiments, il ouvre aussi la voie à des interrogations humaines : la place qu’on accorde aux autres, l’importance de la présence et de l’écoute, les sacrifices liés à une vie d’artiste, ou encore l’oubli de soi qui touche autant Elsa qu’Oscar. La dimension fantastique ajoute une nuance mélancolique : cette relation ne peut exister que dans un entre-deux fragile, voué à disparaître. On s’attache pourtant à ce couple impossible, né d’un hasard tragique.
Impossible de ne pas penser à Ghost, même si Vial s’en écarte nettement. Ici, pas de fantômes surgissant dans le métro ni de scène de poterie devenue culte : la romance se construit plutôt autour de la musique électronique d’Oscar et du quotidien d’Elsa auprès de ses patients en fin de vie. Magalie Lépine-Blondeau reprend le rôle de la médiatrice entre mondes, là où Whoopi Goldberg incarnait autrefois une voyante malgré elle ; Jonathan Cohen, dans un registre inhabituellement sobre, endosse la figure de l’homme aimé devenu intangible.
La mise en scène navigue entre la comédie romantique et le drame, avec suffisamment d’énergie et de spontanéité pour éviter tout pathos. L’Âme idéale n’a pas l’ambition de révolutionner le genre, mais il possède un véritable capital sympathie : un film doux, acidulé, qui croit en la rencontre et en la possibilité de réparer ce qui, parfois, se brise trop tôt.
La bande-annonce:
