Critique-Ma frère: les jours heureux d’une joyeuse colonie

Après Les Pires, le duo Lise Akoka et Romane Guéret se replonge dans l’univers de la jeunesse avec Ma frère, un film tendre et sincère, qui conserve une dimension sociale tout en s’ouvrant à un ton plus lumineux.

Les deux réalisatrices poursuivent leur exploration d’un cinéma ancré dans le réel, mêlant évocations sociales et regards intimes sur la jeunesse. Ma frère raconte les péripéties d’un groupe d’enfants en colonie de vacances, venus du quartier de la Place des Fêtes, à Paris. Exit le Nord et sa grisaille : cette fois, les tours parisiennes laissent place à un décor estival, où ces jeunes citadins découvrent l’insouciance des vacances sous l’œil bienveillant de leurs animatrices.

Ce second long métrage élargit le regard des cinéastes. Si Les Pires adoptait le point de vue des adolescents, Ma frèredonne davantage la parole aux adultes — deux jeunes femmes issues de milieux fragiles, confrontées à leurs doutes, leurs colères et leurs aspirations. Akoka et Guéret amorcent ainsi un virage intéressant : leur cinéma, tout en restant fidèle à son humanité, gagne en maturité.

Le ton, plus léger et souvent comique, symbolise l’insouciance et la joie des vacances. Le film juxtapose deux dimensions : celle de l’enfance, faite de rires, de blagues et de camaraderie, et celle de l’âge adulte, traversée par la précarité, les tensions familiales et le besoin d’émancipation. Cette alternance entre légèreté et gravité constitue la grande réussite du film, capable d’émouvoir sans renoncer à la vitalité qui caractérise le duo Akoka-Guéret.

Alors que Les Pires abordait le décrochage scolaire et la difficulté d’exister dans les marges, Ma frère préfère l’ouverture, la lumière et la respiration. La mise en scène, vivante et colorée, capture la spontanéité des jeunes acteurs et la chaleur d’un été bucolique. La caméra respire, s’éloigne des espaces clos pour embrasser les grands extérieurs, symboles d’émancipation et d’espoir.

Sous ses airs de comédie estivale, Ma frère reste fidèle à la fibre sociale de ses autrices : un cinéma d’observation, profondément humain, qui refuse le misérabilisme pour préférer la tendresse. En passant de la douleur à la douceur, Akoka et Guéret signent un film d’apprentissage à la fois solaire et sensible — une ode à la jeunesse, à la solidarité et à la possibilité de croire encore en l’avenir.

Ma frère, de Lise Akoka et Romane Gueret, en salles le 7 janvier 2026.

La bande-annonce:

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