Isabelle Mergault est morte. Elle avait 67 ans. Et avec elle disparaît une figure à part du paysage français, une voix immédiatement reconnaissable, qui n’a jamais vraiment cherché à entrer dans les cases.
Elle avait commencé comme actrice, dans les années 1980, en imposant très vite une présence singulière. Son fameux “cheveu sur la langue” faisait sourire, bien sûr, mais ce serait réducteur de ne retenir que ça. Il y avait chez elle une manière d’être, un rapport très direct au public, sans distance, presque sans filtre.
C’est pourtant derrière la caméra qu’elle trouve sans doute sa place la plus juste. Avec Je vous trouve très beau, porté par Michel Blanc, elle signe un film simple, inattendu, qui touche un large public. Le succès est là, mais surtout, une évidence : Isabelle Mergault sait raconter des histoires. Des histoires modestes, ancrées dans le réel, sans effets inutiles.
Elle continuera dans cette veine, en restant fidèle à un certain cinéma populaire, attaché aux personnages plus qu’aux concepts. Des films qui ne cherchent pas à impressionner, mais à accompagner, à faire exister des trajectoires souvent fragiles, parfois bancales, toujours humaines.
En parallèle, elle ne quitte jamais vraiment les médias. À la radio, notamment dans Les Grosses Têtes, elle retrouve ce qui la définit le mieux : une parole libre, spontanée, parfois désordonnée, mais sincère. Elle ne jouait pas un rôle. Elle était là, simplement.
Isabelle Mergault n’était pas une cinéaste spectaculaire. Elle ne théorisait pas son travail. Elle avançait à l’instinct. Et c’est peut-être ce qui rend ses films encore attachants aujourd’hui : ils ne cherchent pas à prouver quoi que ce soit.
Sa disparition laisse un manque discret, mais réel. Celui d’une artiste qui n’a jamais triché, et qui aura traversé le cinéma français à sa manière, sans bruit, mais avec une vraie constance.
