Les Rayons et les ombres, La Guerre des prix: nos avis de la semaine

Retrouvez cette semaine nos avis positifs et négatifs, avec le coup de coeur pour Les Rayons et les ombres, de Xavier Giannoli.

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Les Rayons et les ombres, de Xavier Giannoli

Produit par Gaumont, Les Rayons et les ombres de Xavier Giannoli explore la presse collaborationniste à travers le destin de Corinne Luchaire et de son père Jean Luchaire. Le film suit la confession tardive d’une actrice déchue, marquée par l’indignité nationale, revenant sur son passé et sur l’influence déterminante d’un père progressivement acquis à la cause allemande. Entre ambition personnelle et compromission politique, Giannoli met en scène la lente dérive morale d’une famille prise dans les rouages de l’Occupation. À travers une reconstitution précise et une mise en scène sobre, le cinéaste interroge la frontière floue entre pacifisme et collaboration. Porté notamment par le jeu de Jean Dujardin, le film dévoile les mécanismes d’une élite séduite par le pouvoir ennemi. Sans juger frontalement ses personnages, Giannoli laisse émerger une ambiguïté troublante, où les responsabilités restent parfois en suspens. Entre fresque historique et drame intime, Les Rayons et les ombres s’impose comme une œuvre dense et dérangeante, scrutant les illusions politiques et la fragilité des consciences face à l’Histoire.

La Guerre des prix, de Anthony Dechaux

Pour son premier long-métrage, La Guerre des prix, Anthony Déchaux plonge au cœur des mécanismes opaques de la grande distribution, en s’intéressant aux négociations commerciales qui structurent toute la chaîne alimentaire. À travers le parcours d’Audrey, cheffe de rayon promue à Paris, le film montre comment les décisions prises dans les centrales d’achat, entre marges et volumes, impactent directement les producteurs. Sans simplifier ni didactiser à l’excès, Déchaux filme la complexité d’un système où chaque concession économique fragilise davantage des agriculteurs déjà sous pression. La mise en scène, sobre et précise, révèle une violence diffuse, inscrite dans la logique même des échanges. Porté par l’interprétation retenue d’Ana Girardot, le récit bascule progressivement vers un conflit intime lorsque les conséquences touchent le cercle personnel de l’héroïne. Refusant tout manichéisme, le film met en lumière un engrenage économique où responsabilités et contraintes s’entremêlent. Entre drame social et observation quasi documentaire, La Guerre des prix éclaire avec justesse une réalité souvent invisible, celle d’un équilibre fragile entre rentabilité commerciale et survie agricole.

La Danse des renards, de Valery Carnoy

Passé par la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes, La Danse des renards de Valéry Carnoy explore avec justesse la quête identitaire à travers le parcours de Camille, jeune boxeur en internat sportif confronté à une douleur mystérieuse qui fragilise ses certitudes. Porté par l’interprétation habitée de Samuel Kircher, le film déploie un huis clos oppressant où camaraderie et rivalité coexistent, révélant une violence latente propre aux environnements compétitifs. Carnoy capte avec finesse les tourments de l’adolescence, entre virilité imposée, fragilité intérieure et pression de la performance. À travers une mise en scène immersive, il dévoile les rouages d’un système centré sur l’excellence et la productivité, où les corps sont poussés à leurs limites. Entre critique sociale et portrait intime, le film met en lumière un collectif traversé par les tensions, les égos et les failles personnelles. Sans jamais céder à la démonstration, La Danse des renards s’impose comme une œuvre sensible et dense sur la construction de soi face aux normes masculines et aux exigences du sport.

Police Flash 80, de Jean-Baptiste Saurel

Présenté au Festival de l’Alpe d’Huez, Police Flash 80 de Jean-Baptiste Saurel s’impose comme une comédie policière nostalgique qui joue pleinement la carte du pastiche des années 80. Porté par François Damiens dans le rôle d’un chef de brigade aussi maladroit qu’imprévisible, le film suit une équipe d’enquêteurs improbables confrontée à une affaire de trafic de drogue aussi absurde que personnelle. Entre situations décalées et personnages outranciers, le récit privilégie le rythme comique à la cohérence narrative, assumant une intrigue volontairement abracadabrante. La mise en scène multiplie les clins d’œil à la comédie populaire française, évoquant l’univers de Claude Zidi ou de Francis Veber, tout en s’appuyant sur une esthétique rétro marquée. Si le film ne cherche pas à renouveler le genre, il séduit par l’énergie de son casting et son humour burlesque. Police Flash 80 se regarde ainsi comme un divertissement léger, porté par le plaisir du jeu et de la référence.

On ne recommande pas

La Gifle, de Frederik Hambalek, repose sur une idée de départ intrigante : une adolescente qui, après avoir reçu une gifle, développe la capacité de voir et d’entendre à distance ce que font ses parents. Mais le film ne parvient jamais à exploiter réellement ce concept. La mise en place est brouillonne, le récit s’éparpille et accumule les situations sans véritable ligne directrice. Très vite, tout devient prévisible, sans tension ni surprise. Ce qui aurait pu donner lieu à une réflexion sur la famille ou le contrôle reste en surface. À force d’hésiter entre plusieurs directions, le film finit par ressembler à un ensemble confus, sans véritable enjeu. Une idée intéressante, mais traitée sans rigueur ni ambition.

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