Mārama de Taratoa Stappard mêle des questions d’identité, de culture et de mémoire dans un film d’épouvante haletant teinté de touche fantastique.
L’intrigue de Mārama se déroule en Angleterre, au XIXe siècle. Mary (Ariana Osborne), une jeune femme orpheline d’origine māorie à la recherche de ses parents, veut comprendre son passé. Son parcours la mène chez un châtelain, le capitaine Cole (Toby Stephens), ancien baleinier en Nouvelle-Zélande. Elle découvre la nature des liens qui les unissent, cachant une histoire horrible.
Mārama tourne autour de la quête d’identité de Mary, de son vraie nom Mārama, qui éprouve le besoin viscéral de savoir d’où elle vient et qui compose sa famille. Au contact de certaines personnes ou d’éléments importants, des visions très nettes surgissent sous forme de flashs, la projetant à la place de ses proches, comme sa grand-mère, sa mère ou sa sœur. Elle revit dans sa chair les scènes terribles qu’elles ont vécues.
Ses sensations la guident et lui apprennent la vérité derrière les faux-semblants. Ces moments vibrants surviennent hors de son contrôle et la maintiennent en alerte. Les relations malsaines sous-jacentes apparaissent, créant un malaise profond. Le climat mortifère pesant plonge Mary dans la crainte.
Taratoa Stappard fait ressentir des émotions fortes régulières dans une ambiance inquiétante. La musique instrumentale dramatique participe au suspens haletant, alternant avec de longs passages silencieux. L’éclairage à la lanterne dans la pénombre et à la lumière de la lune la nuit, des classiques des films d’épouvante, produisent l’effet escompté. La juste reconstitution historique tant dans les décors du château que dans les costumes ancre le récit dans la réalité de l’époque.
Mary passe de la peur à la colère puis à la révolte. Son corps s’exprime et prend le dessus sur sa raison. Elle est alors animée par la vengeance, sa douleur est palpable. Mārama cherche à rétablir l’honneur de ses ancêtres et respecter leur mémoire selon le culte des morts chez les Māoris.
La question de l’appartenance culturelle du personnage principal grandit au fur et à mesure que le récit progresse. Elle se compose de deux identités : Mary, liée à son adoption anglaise, et Mārama, enracinée dans ses origines māories. Le capitaine Cole qui semble partager sa culture d’origine dénature sournoisement celle-ci, suivant une logique de domination et de possession.
Mārama atteint son but comme film d’épouvante en termes d’émotions ressenties, avec une atmosphère terrifiante. Taratoa Stappard donne du corps à son récit en s’appuyant sur la capacité augmentée de son personnage, la voyance. L’histoire gagne en profondeur et en crédibilité en prenant l’influence des liens du sang comme fil conducteur.
La bande-annonce:
