Mi Amor : les dessous d’une île paradisiaque

Guillaume Nicloux délivre un thriller angoissant avec son film Mi Amor, mise à mort. Il décrit comment un séjour à priori plaisant aux Canaries se transforme en cauchemar à huis clos, l’héroïne se retrouvant sous pression.

Mi Amor commence avec Romy (Pom Klementieff), DJ, se rendant aux Canaries pour se produire lors d’une soirée. Elle part avec son amie Chloé, profitant pour y passer des vacances. Cette dernière disparait après la soirée et ne réapparait pas. Romy s’inquiète et se lance à sa recherche avec l’aide de Vincent (Benoît Magimel), propriétaire de la boîte de nuit, son seul soutien. Ses découvertes vont de mal en pis et révèlent les dessous sordides de cette île. Elle va devoir se battre pour déceler la vérité et sauver sa peau.

L’intrigue de Mi Amor se déroule dans une atmosphère rapidement angoissante avec une tension croissante et un suspens bien entretenu. La toile de fond de l’histoire parle de la présence avérée de sectes sur l’île, notamment L’Oracle du Soleil. Toutes les personnes que Romy rencontrent semblent au courant de cette face cachée, sans pour autant être franc dans leur position sur le sujet.

Cette suspicion de complicité ou de double jeu de la police, de touristes rencontrés, d’habitants rendent Romy méfiante, en permanence sur ses gardes. Elle se retrouve livrée à elle-même et fait preuve d’abnégation dans cette situation désespérée qui ressemble de plus en plus à un piège. Les nombreux sentiments qui la traversent comme l’effroi, la douleur ou la détresse psychologique sont tout à fait palpables, interprétés de manière explicite par Pom Klementieff. Elle subit des pressions et des intimidations, accentuant son malaise.

Cette situation d’isolement se ressent fortement avec la quasi absence d’autres personnes dans son environnement : habitants invisibles, peu de touristes à l’hôtel, personne sur les plages… Guillaume Nicloux fabrique une véritable bulle de vide autour de Romy. Le filtre rose appliqué à l’environnement ajoute une dimension fantastique à l’intrigue. Ce choix colorimétrique pour le décor renforce la tournure irréelle que prennent les évènements.

La musique, composée par Irène Drésel et Sizo del Givry, occupe une place prépondérante dans Mi Amor. Dans la même veine que la musique techno de club jouée par Romy, le film est rythmé par cette musique frénétique. Tantôt entrainante voire haletante, tantôt mystérieuse ou inquiétante, elle accompagne la progression du récit et participe à l’atmosphère particulière de ce film.

Mi Amor est un véritable thriller qui atteint son but. Romy se retrouve prise dans un engrenage infernal dans lequel elle s’enfonce pour savoir ce qu’il est arrivé à son amie. La peur qui l’habite autant que sa capacité de battante tiennent le spectateur en haleine. Le courage dans l’inconnu dont elle fait preuve impressionne, elle se met en danger en se rapprochant de la vérité. La situation a quelque chose d’effrayant et envoûtant à la fois.

Guillaume Nicloux choisit d’ouvrir et de refermer le film sur une même scène, une séance de thérapie à laquelle participe Romy. Cela permet de prendre la mesure du choc traumatique que représente pour elle cet épisode aux Canaries. Cette scène rend crédible cette histoire folle en l’intégrant dans la vie réelle du personnage principal. Mi Amor présente une dimension morale sous forme d’avertissement : en vacances dans un lieu paradisiaque, toujours se renseigner sur les réalités cachées du terrain et faire attention en tant que touriste aux risques auxquels on s’expose.

Bande-annonce de Mi Amor:

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