Retrouvez nos avis de cette semaine, dont notre coup de coeur pour Silent Friend, de Ildiko Enyedi
On vous recommande:
Silent Friend, de Ildiko Enyedi
Avec Silent Friend, Ildikó Enyedi propose un film centré sur la relation entre l’humain et le monde végétal, à travers le parcours d’étudiants et d’un professeur réunis dans une même faculté à différentes époques. Le récit explore les liens qui se tissent entre les êtres humains et les plantes, en mettant en avant une forme de dialogue silencieux fondé sur l’observation et la contemplation. La mise en scène accorde une place centrale aux images, en s’attardant sur les textures, les couleurs et les évolutions du vivant, notamment à travers la croissance des plantes et la présence des arbres. Le film s’organise autour de plusieurs temporalités, reliant différentes générations autour d’un même intérêt pour la nature. Les personnages apparaissent souvent en retrait, davantage tournés vers le végétal que vers les autres. Cette approche met en lumière une difficulté à communiquer, compensée par une attention portée à l’environnement. Le récit se construit ainsi autour des perceptions, où le regard et le ressenti prennent le pas sur les mots.
Plus fort que moi, de Kirk Jones
Plus fort que moi, réalisé par Kirk Jones, retrace le parcours de John Davidson, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, en montrant la réalité de la maladie à travers ses manifestations les plus visibles et les réactions qu’elle provoque. Le film suit son adolescence marquée par le rejet, la violence et l’isolement, dans un environnement où la différence est mal comprise. Au fil du récit, des figures de soutien apparaissent, notamment une mère adoptive et un mentor, qui accompagnent John dans un processus d’acceptation. Peu à peu, il apprend à mieux comprendre son trouble et à en faire un sujet de parole, notamment à travers des interventions publiques. Le film met en avant cette évolution, passant d’une situation de contrainte à une forme d’émancipation, en s’appuyant sur une mise en scène sobre et sur des interprétations qui cherchent à restituer la complexité du trouble sans caricature.
Derrière les palmiers, de Meriem Benm’Barek
Après Sofia, Meryem Benm’Barek signe avec Derrière les palmiers, présenté au Festival international du film de Marrakech, un second long métrage centré sur les tensions sociales et les rapports de classe. À Tanger, Mehdi, jeune diplômé en architecture, voit son quotidien bouleversé par sa rencontre avec Marie, une Française issue d’un milieu privilégié. Leur relation met en lumière un décalage social et culturel, incarné notamment par l’environnement dans lequel évolue la jeune femme et par les attentes qui pèsent sur Mehdi. Le film explore les liens entre désir, ambition et appartenance, en suivant l’évolution du personnage principal, partagé entre plusieurs trajectoires possibles. À travers une attention portée aux espaces, aux silences et aux interactions, le récit met en évidence des rapports de pouvoir discrets et des héritages qui influencent les relations contemporaines.
On ne recommande pas:
Mauvaise pioche, de Gérard Jugnot
Mauvaise pioche porte bien son titre, tant le film de Gérard Jugnot s’oriente vers une comédie fauchée et pesante, malgré une idée de départ qui pouvait laisser entrevoir autre chose. Le sujet, centré sur Guy Joao, est abordé avec un humour qui peine à trouver sa justesse. L’ancien membre du Splendid livre ici un film qui ne parvient pas à convaincre, porté par un casting qui donne davantage l’impression d’un projet entre proches que d’un véritable engagement collectif.
Compostelle, de Yann Samuell
Compostelle, réalisé par Yann Samuell, s’appuie sur un parcours initiatique mêlant cheminement religieux, adolescent en rupture et figure d’éducatrice. Le film esquisse ses personnages sans véritablement approfondir leur trajectoire, et déroule un récit familier, construit autour de situations attendues. Entre clichés et ressorts scénaristiques appuyés, l’ensemble peine à renouveler son propos.
