Découvrez nos avis concernant les films sortis ce mercredi 29 avril, dont Vivaldi et moi, de Damiano Michieletto.
On vous recommande:
Sukkwan Island, de Vladimir de Fontenay
Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay explore la relation tendue entre un père instable et son fils, partis vivre isolés dans une cabane au cœur d’une nature hostile. Adapté du roman de David Vann, le film suit ce huis clos où la survie physique révèle peu à peu un déséquilibre psychologique plus profond. Le récit brouille les repères en mêlant différentes temporalités et en instaurant un doute constant sur la réalité des événements. La tension s’installe progressivement, nourrie par les silences, les conflits et les dérives du père. L’environnement devient le reflet de cette relation fragile, entre isolement et perte de contrôle. À mesure que l’histoire avance, le film glisse vers une dimension plus mentale, presque hallucinée. Swann Arlaud incarne un personnage en rupture, à la fois inquiétant et imprévisible. L’ensemble construit un climat oppressant, où le spectateur reste sans certitude. Le film privilégie l’atmosphère et la suggestion plutôt qu’une narration explicite. Il en ressort une œuvre trouble sur la filiation et la dérive intérieure.
Vivaldi et moi, de Damiano Michieletto
Metteur en scène d’opéra, Damiano Michieletto signe avec Vivaldi et moi un récit centré sur les années d’enseignement d’Antonio Vivaldi au sein de l’Ospedale della Pietà, où il formait de jeunes orphelines à la musique. Le film adopte la forme d’un semi-biopic romancé, privilégiant la relation entre le compositeur et Cecilia (Tecla Insolia), jeune violoniste en quête d’identité. Dans cet espace clos, la musique devient un refuge face aux contraintes sociales et religieuses. Le récit met en avant un portrait féminin affirmé, en rupture avec les conventions de son époque. Vivaldi, plus en retrait, apparaît comme une figure à la fois humaine et ambiguë. La mise en scène valorise une esthétique chaleureuse, contrastant avec l’austérité du lieu. Le film s’attache à restituer une période clé de la vie du musicien, entre transmission et affirmation artistique. Il propose une vision accessible et sensible du compositeur. La musique y occupe une place centrale, structurante. L’ensemble compose un hommage lumineux à la naissance d’un génie.
Sorda, de Eva Libertad
Sorda, de Eva Libertad Garcia, suit Angela, une femme sourde incarnée par Miriam Garlo, confrontée aux bouleversements de la maternité lorsque sa fille naît entendante. Le film explore les difficultés de communication entre une mère et son enfant, ainsi que les déséquilibres qui en découlent au sein du couple qu’elle forme avec Hector, joué par Alvaro Cervantes. À travers ce récit ancré dans le cinéma social, la réalisatrice met en lumière les tensions liées au langage, à l’intégration et au regard des autres. Angela, isolée dans un monde majoritairement entendant, peine à trouver sa place et à créer un lien avec sa fille, ce qui nourrit une profonde frustration. Le film montre aussi l’importance de la communauté sourde, espace de compréhension et de réconfort. Par une mise en scène immersive, il donne à ressentir la perception sonore altérée du personnage. Les interactions sociales révèlent la complexité des échanges entre entendants et non-entendants. La relation mère-enfant devient alors le cœur d’un questionnement plus large sur la transmission et l’adaptation. Le jeu de Miriam Garlo, empreint de justesse, renforce la dimension humaine du récit. Sorda propose ainsi un regard sensible sur la surdité et les défis qu’elle implique au quotidien.
On ne recommande pas:
Hokum, de Damian McCarthy
Certes, Damian McCarthy s’émancipe des codes traditionnels du cinéma d’horreur moderne, en proposant un film aux allures d’escape game centré sur la tension et l’enfermement, mais si l’ensemble se révèle efficace et divertissant sur le moment, il peine à surprendre durablement, enchaînant des clichés et des rebondissements trop prévisibles pour véritablement marquer les esprits.
L’Enfant bélier, de Marta Bergman
Ce film sur le drame des migrants, en particulier celui des enfants, laisse de marbre, oscillant entre exil et contrôle policier sans jamais réellement émouvoir. Le sujet, pourtant fort, est traité sans véritable point de vue, la cinéaste peinant à s’engager pleinement, même face au système répressif qu’elle entend dénoncer. L’ensemble reste en surface, comme retenu, et finit par atténuer la portée de son propos.

Une réflexion sur “Vivaldi et moi, Sukkwan Island: nos avis de la semaine”