Critique- L’Affaire Zanetti: un combat vers la seconde chance

Présenté à la Mostra de Venise, L’Affaire Zanetti, de Leonardo Di Costanzo, explore les liens entre responsabilité pénale, mémoire et réhabilitation. Inspiré d’une histoire vraie, le film s’inscrit dans une réflexion sur la réinsertion sociale à travers le parcours d’une femme condamnée pour le meurtre de sa sœur.

Elisa Zanetti est détenue dans un centre de réadaptation pénitentiaire. Reconnue coupable du crime, elle a bénéficié d’une peine atténuée en raison de son amnésie. Afin de reconstituer les circonstances du drame, elle participe à une série d’entretiens avec un criminologue, interprété par Roschdy Zem.

Le récit se construit autour de ces face-à-face, qui dévoilent progressivement les zones d’ombre entourant l’affaire. Leonardo Di Costanzo privilégie une mise en scène sobre et rigoureuse, en accord avec son sujet. La progression dramatique repose moins sur le suspense que sur l’émergence graduelle d’une vérité enfouie, révélée au fil des échanges entre les deux protagonistes.

À travers cette démarche, le réalisateur s’attache à comprendre les circonstances ayant conduit au passage à l’acte. Les tensions familiales, les blessures anciennes et les fragilités psychologiques d’Elisa apparaissent peu à peu, dessinant le portrait d’une femme profondément marquée par son histoire personnelle. Sans chercher à excuser son geste, le film tente d’en éclairer les origines.

Le point de vue adopté reste constamment centré sur la détenue. Cette proximité permet au cinéaste d’explorer les failles de la mémoire et les contradictions d’un personnage dont le passé se recompose fragment après fragment. L’enquête prend alors une dimension autant intérieure que judiciaire, à la recherche d’une compréhension plus complète des événements.

Par certains aspects, L’Affaire Zanetti emprunte les codes du film d’investigation. Toutefois, son intérêt principal réside dans l’observation du travail de reconstruction entrepris par son héroïne. La quête de vérité devient ainsi le point de départ d’une réflexion plus large sur la possibilité de retrouver une place dans la société après avoir commis l’irréparable.

Là où Je verrai toujours vos visages abordait la justice restaurative à travers la rencontre entre victimes et auteurs, le film de Leonardo Di Costanzo se concentre davantage sur le cheminement individuel d’une personne confrontée à son propre passé. La question de la seconde chance s’y construit à travers l’évaluation, l’introspection et la confrontation aux faits.

Dans le rôle-titre, Barbara Ronchi livre une interprétation tout en retenue. Son jeu, marqué par une forme d’opacité permanente, entretient l’incertitude autour du personnage. Cette distance émotionnelle participe à l’atmosphère froide du film et accompagne la volonté du réalisateur de privilégier l’observation à l’empathie immédiate.

Malgré un rythme parfois étiré, L’Affaire Zanetti séduit par la précision de son regard sur les conséquences humaines du crime. Plus qu’une simple étude de la culpabilité, le film interroge la manière dont une société envisage la réparation, la responsabilité et la possibilité d’une reconstruction après la faute.

Sur le plan formel, Leonardo Di Costanzo construit son film autour d’un dispositif volontairement épuré. Le découpage privilégie les plans fixes et les visages des protagonistes, enfermés dans l’espace austère du bureau où se déroulent les entretiens. Cette économie de moyens réduit les variations visuelles, mais renforce la concentration sur la parole et les non-dits. Les cadrages, précis et mesurés, accompagnent les hésitations de la mémoire tandis que les silences viennent régulièrement interrompre le flux des confidences. Dépourvu de tout effet spectaculaire, le rythme repose essentiellement sur le jeu des questions et des réponses, donnant à ces échanges une dimension presque thérapeutique. Chaque séance ouvre alors de nouvelles pistes de compréhension et participe à la reconstitution progressive de la vérité.

La bande-annonce de L’Affaire Zanetti:

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