Retrouvez nos différents avis concernant les films sortis ce mercredi 1er juillet 2026, dont Miss Mermaid, réalisé par Pauline Brunner et Marion Verlé.
On recommande:
Miss Mermaid, de Pauline Brunner et Marion Verlé
Inspiré de la vie de la sirène fécampoise Alexia Colibert, Miss Mermaid trouve le ton juste entre fantaisie et chronique sociale. Pauline Brunner et Marion Verlé détournent avec malice le mythe de la sirène pour raconter le parcours d’une femme qui refuse de renoncer à ses rêves malgré la précarité. Porté par une Aloïse Sauvage particulièrement investie, le film séduit autant par son humour que par son regard tendre sur son héroïne. Les réalisatrices soignent leur univers visuel grâce à une photographie aux teintes marines et à quelques séquences sous-marines qui prolongent naturellement le récit. Sans jamais forcer son discours, Miss Mermaid évoque la difficulté de trouver sa place, tout en célébrant la liberté d’être soi-même. Une comédie sensible, pleine de fraîcheur, qui assume son décalage jusqu’au bout.
André Is An Idiot, de Anthony Benna
Présenté au Festival de Sundance 2025, où il a remporté le Prix du Public et le Jonathan Oppenheim Editing Award, André Is An Idiot suit les derniers mois d’André Ricciardi, atteint d’un cancer colorectal. Tony Benna évite le piège du documentaire larmoyant en faisant de son personnage un homme qui répond à la maladie par l’humour et l’autodérision. Entre prises de vues réelles et séquences d’animation en pâte à modeler, le film trouve un ton étonnamment léger sans jamais nier la gravité de la situation. Derrière les plaisanteries, il raconte surtout le besoin de laisser une trace, la peur de disparaître et le regard des proches face à la fin annoncée. Plus qu’un film sur le cancer, c’est le portrait d’un homme qui choisit de vivre jusqu’au bout selon ses propres règles.
Entroncamento, de Pedro Cabeleira
Avec Entroncamento, Pedro Cabeleira plonge dans le quotidien d’une petite ville portugaise gangrenée par le trafic de drogue. À travers le parcours de Laura, une jeune femme qui bascule peu à peu dans la délinquance, le réalisateur signe un drame social aux allures de polar. Loin des films de gangsters spectaculaires, il privilégie une approche réaliste, où la précarité et l’absence de perspectives expliquent les choix de ses personnages sans jamais les excuser. Porté par une atmosphère sombre et une mise en scène volontairement retenue, Entroncamento dresse le portrait d’une femme cherchant sa place dans un milieu dominé par les hommes, tout en offrant une vision lucide d’une société où la survie passe parfois par l’illégalité.
On ne recommande pas:
Supergirl, de Craig Gillespie
Kara Zor-El, incarnée par Milly Alcock, est une héroïne badass, rebelle et alcoolique. Très attendu, Supergirl déçoit, non pas par son univers visuel, souvent convaincant, mais par la faiblesse de son scénario, qui se contente du strict minimum sans jamais faire preuve d’originalité. Faute d’une écriture suffisamment inspirée, les scénaristes échouent à retranscrire toute la richesse et la complexité de cette héroïne emblématique.
On l’appelait Robin des Bois, de Michael Sarnoski
Cette nouvelle version de Robin des Bois entend revisiter le mythe à l’aune de tourments moraux et philosophiques. Sur le papier, l’intention est séduisante : proposer une relecture plus sombre, déconstruire la figure héroïque et montrer un Robin en proie au doute face à ses combats passés. Pourtant, le résultat peine à convaincre. Le film s’égare rapidement dans une surenchère de violence et une narration distendue qui finit par diluer son propos et perdre l’attention du spectateur. À vouloir assombrir la légende, il n’en retient finalement qu’une vision erronée et dépressive, sans jamais dépasser réellement les conflits intérieurs de son personnage. Une occasion manquée.
