Critique- Lydia et le vaisseau des tempêtes: entre magie et mémoire

Lydia et le vaisseau des tempêtes s’impose comme une alternative simple et solide face aux films estivaux des grands studios d’animation. Une épopée fantastique, sur fond de magie et de gestion du deuil.

Derrière l’animé se trouve un trio, Nancy Florence Savard, Philippe Arseneau Bussières et Émilie Rosas. Concocté à six mains, Lydia et le vaisseau des tempêtes raconte l’histoire d’une jeune fille qui part à la recherche de son frère Thaddeus, englouti et disparu dans la Mer des Brumes. Accompagnée d’une astromagicienne, elle va s’engouffrer pour récupérer des dizaines d’enfants disparus.

Face aux majors de l’industrie de l’animation, ce film propose de la matière suffisante pour capter l’attention, grâce à des techniques pleines de volumes, en 3D, qui rendent parfaitement l’ambiance d’un genre fantastique brumeux, plein de mystères. Le trio de créateurs et créatrices se démarque de par son originalité et sa capacité à animer des mondes parallèles, notamment celui de la Mer des Brumes, un espace où la vie, la mort, le fantomatique se côtoient, le tout dans une histoire résolument accessible et également instructive.

Lydia

Les méthodes mises en œuvre pour sublimer ce récit restent en deçà des productions standards, demeurent dans une tradition un poil cinématique qui rappelle quelques succès des consoles de jeu (Zelda), mais restent cependant intellectuellement au-dessus de Jumpers, de Pixar, grâce à sa réflexion puissante et logique sur un thème douloureux, le deuil.

Souvent, les plus maigres budgets savent s’éloigner du formatage pour les salles, en ouvrant sa focale autant sur les petits que sur les grands. Lydia et le vaisseau des tempêtes devient en réalité un voyage vers le chagrin apaisé, celui de cette fillette qui a perdu sa mère astromagicienne dans cette Mer, cette dernière qui apparaît en spectre pour guider sa progéniture. Le récit se transforme en histoire de lien non perdu, un fil qui permet de transmettre le savoir et la persistance des souvenirs.

Voilà pourquoi l’œuvre émeut, en plus d’être rondement menée, avec une certaine cohérence et un léger suspense qui tient en haleine jusqu’à la fin.

La bande-annonce:

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