Eddington, Julian: notre sélection de films à voir en streaming

Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en streaming, dont Eddington, réalisé par Ari Aster.

Sur Canal Plus:

Eddington, de Ari Aster

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Présenté en compétition officielle à Cannes en 2025, Eddington marque un tournant dans la carrière d’Ari Aster. Le réalisateur délaisse l’horreur mystique pour explorer les fractures politiques et sociales de l’Amérique contemporaine. Dans une petite ville du Nouveau-Mexique, le shérif Joe Cross affronte le maire Ted Garcia. Cette rivalité locale fait rapidement émerger les tensions idéologiques, raciales et sanitaires qui divisent la communauté. Précarité, complotisme, défiance et suprématie blanche composent le décor d’un pays profondément fragmenté.

Aster transforme progressivement ce conflit en un pamphlet politique aussi violent qu’absurde. La paranoïa collective et les affrontements civils traduisent une démocratie rongée par la méfiance et le radicalisme. L’ombre de Donald Trump plane sur ce récit où le conservatisme brutal gagne du terrain. La seconde partie plonge le film dans un chaos halluciné, marqué par la violence et l’irrationnel. Avec Eddington, Aster livre ainsi un portrait sombre et dérangeant d’une Amérique au bord de l’implosion.

Sur Sooner:

Mata, de Rachel Lang

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Après Mon Légionnaire, Rachel Lang poursuit son exploration des blessures laissées par l’institution militaire avec Mata, un thriller d’espionnage présenté en clôture du Reims Polar. Le film suit Mata, agente de la DGSE traumatisée après une embuscade au Niger et la captivité de son coéquipier. Envoyée dans les Alpes pour une mission de contre-espionnage, elle découvre des liens avec son passé. Fidèle à son expérience militaire, Lang privilégie une approche réaliste et presque documentaire du renseignement, où les silences et les regards remplacent les scènes d’action spectaculaires. Le film installe ainsi une atmosphère froide, dominée par le secret, la hiérarchie et la paranoïa.

Mata mise avant tout sur la tension psychologique et le portrait d’une femme marquée par son métier. Eye Haïdara livre une interprétation sobre et convaincante, jouant sur les silences et la fragilité intérieure de son personnage. Le film rappelle par certains aspects Le Bureau des légendes, tout en adoptant une approche plus intime du monde du renseignement. Malgré un rythme lent et quelques séquences qui manquent d’ampleur, Rachel Lang maintient une véritable cohérence dans son récit. Plus introspectif que spectaculaire, Mata s’impose comme un thriller discret sur la solitude, les traumatismes et les cicatrices invisibles laissées par les missions secrètes.

Julian, de Cato Kusters

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Julian, réalisé par Cato Kusters, raconte l’histoire de deux jeunes femmes qui souhaitent se marier malgré les obstacles liés aux législations de plusieurs pays. À travers leur parcours, le film défend avec sensibilité les droits des personnes homosexuelles et l’universalité du mariage pour tous. Son récit mêle voyages, maladie, mémoire et vidéos personnelles, formant un patchwork sentimental où l’amour dialogue constamment avec la perte. Sans jamais tomber dans un discours militant trop appuyé, le film privilégie l’émotion et l’humanité pour évoquer un combat encore nécessaire.

Porté par une Nina Meurisse particulièrement juste, Julian dresse surtout le portrait d’un amour confronté à la fatalité, mais toujours animé par l’espoir. Malgré une réalisation parfois proche des codes télévisuels, la mise en scène finit par imposer une véritable délicatesse. L’entrelacement des époques renforce progressivement la portée émotionnelle du récit et rend hommage à la mémoire des êtres disparus. À la fois intime et politique, le film défend avec douceur la tolérance, la reconnaissance et l’égalité des droits, au-delà des frontières.

Pour le meilleur, de Marie-Castille Mention-Schaar

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Adapté de l’histoire de Philippe Croizon et Suzana Sabino, Pour le meilleur raconte le parcours d’un homme amputé des quatre membres qui se lance dans un défi exceptionnel : traverser la Manche à la nage. Marie-Castille Mention-Schaar s’intéresse d’abord à la rencontre amoureuse entre Philippe et Suzana, avant de montrer le quotidien d’un homme qui refuse de laisser son handicap définir sa vie. Sans misérabilisme, le film privilégie l’empathie et révèle concrètement son autonomie, sa débrouillardise et sa détermination. La préparation de cette traversée devient alors le cœur du récit, entre entraînement, doutes et dépassement de soi.

Porté par Pierre Rabine, lui-même nageur handisport, le film met en avant la force du collectif et le rôle essentiel de Suzana et de leurs proches. Les scènes de piscine puis de pleine mer donnent toute sa dimension physique au défi, tandis que la musique renforce son caractère héroïque. En évoquant également l’exploit de Gertrude Ederle, Mention-Schaar inscrit cette aventure dans une histoire plus large du dépassement humain. Pour le meilleur apparaît ainsi comme un récit de courage et de résilience, capable de susciter l’admiration sans jamais réduire son personnage à son handicap.

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