Retrouvez nos avis concernant les films sortis ce mercredi 19 août 2026, dont la Palme d’or du Festival de Cannes 2026, Fjord.
On recommande:

Fjord, de Cristian Mungiu
Récompensé par la Palme d’or à Cannes 2026, Fjord confirme le talent de Cristian Mungiu, déjà lauréat en 2007. Le film suit un couple roumano-norvégien soupçonné de violences sur ses enfants après l’apparition d’ecchymoses sur le corps de leur fille. Dans un décor froid et isolé, Mungiu installe une atmosphère lourde, entre éducation stricte, religion et enquête judiciaire. Sa mise en scène très sobre, proche du documentaire, repose sur de longs plans et peu d’effets. Le réalisateur laisse ainsi le spectateur observer les événements sans lui donner de réponse évidente. Le doute et les rumeurs entretiennent une tension constante autour de la famille. Renate Reinsve et Sebastian Stan livrent des interprétations particulièrement convaincantes. Le film aborde un sujet sensible et actuel : les violences faites aux enfants et la recherche de justice. Mungiu évite pourtant de juger les personnages ou de livrer un message moral simpliste. Fjord propose finalement une réflexion sur la famille, la religion et le poids des institutions face à des situations difficiles à trancher.
Oklahoma Honey, de Andrew Patterson

Oklahoma Honey, d’Andrew Patterson, raconte la rencontre entre Amziah King, apiculteur et musicien, et sa fille adoptive, qu’il souhaite préparer à reprendre son entreprise. Dans une petite ville rurale de l’Oklahoma, leur histoire se déroule sur fond de rivalités autour du commerce du miel. Matthew McConaughey incarne un homme attaché aux traditions, à l’artisanat et à la musique bluegrass. Le film met surtout en avant le travail des apiculteurs, leurs gestes et leur passion pour les abeilles. La relation entre Amziah et sa fille donne au récit une dimension touchante autour de la transmission du savoir-faire. Face aux difficultés économiques, les personnages cherchent à préserver leur activité et leurs traditions. Andrew Patterson privilégie une mise en scène sobre, centrée sur les gestes plutôt que sur les émotions. McConaughey livre une interprétation charismatique et profondément humaine, accompagnée par Angelina LookingGlass. Au-delà de l’histoire familiale, le film évoque la fragilité des petites entreprises face aux puissances économiques. Oklahoma Honey apparaît finalement comme un hommage à l’artisanat, à la transmission et à la protection des abeilles.
La Fille Condor, de Alvaro Olmos Torrico

Présenté au Festival de Toronto et récompensé à Cinélatino Toulouse, La Fille Condor d’Álvaro Olmos Torrico raconte l’histoire de Clara, une jeune doula quechua capable d’apaiser les douleurs des femmes enceintes grâce à son chant. Sa mère Ana, sage-femme respectée, considère ce don comme un héritage à préserver, tandis que Clara y voit une contrainte dont elle veut s’émanciper. Elle quitte alors sa communauté pour rejoindre la ville, mais son départ est associé à une série de malheurs que les habitants interprètent comme une punition. À travers ce parcours, le film oppose le désir de liberté de la jeune femme au poids des traditions et des croyances collectives. Il explore aussi les tensions entre générations, les liens mère-fille et la place des femmes dans une société patriarcale. La mise en scène joue sur le contraste entre les vastes paysages andins et des cadrages plus intimes. Le film confronte également les savoirs traditionnels des sages-femmes à une médecine moderne plus institutionnelle. Entre désir d’ailleurs et attachement aux origines, La Fille Condor dresse le portrait d’une jeunesse partagée entre deux mondes, sans imposer de choix définitif.
On ne recommande pas:
Marius et le royaume des mers, de Endre Skandfer
Un tout petit film d’animation qui manque singulièrement de relief et d’originalité. Malgré une réalisation adaptée aux plus jeunes, les aventures de ce serpent de mer peinent à susciter l’intérêt et restent assez prévisibles. L’ensemble paraît trop léger pour vraiment marquer les esprits et ne propose ni véritable surprise ni univers particulièrement travaillé. À la rigueur, le film peut occuper les enfants pendant une chaude journée d’été, mais il reste difficile d’y trouver davantage qu’un divertissement sans ambition. Un film dispensable, que l’on ne recommandera pas, même s’il peut éventuellement trouver son public auprès des plus jeunes.
Paradise, de Jérémy Comte
Premier long métrage de Jérémy Comte, révélé par le court Fauve nommé aux Oscars, Paradise suit en parallèle deux adolescents que tout sépare — Kojo à Accra, fils de pêcheur dont le père a disparu en mer, et Tony au Québec, en quête d’un père fantôme. La matière est riche, le dispositif Ghana/Canada sincère, et les paysages ont une vraie présence documentaire. Mais le film ne résout pas ce qu’il ouvre : les deux trajectoires peinent à se répondre vraiment, et l’on attend une collision qui arrive trop tard, trop sobrement. Un premier film ambitieux dont l’élan se perd dans ses propres ramifications.
