Sukkwan Island, Cosmos: découvrez notre sélection de films à regarder en VOD

Cette semaine, La 7e bobine vous propose sa sélection de films à voir en VOD, dont le très beau Cosmos, de Germinal Roaux.

Cosmos, de Germinal Roaux

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Avec Cosmos, le cinéaste franco-suisse Germinal Roaux propose une œuvre singulière et contemplative, tournée dans les paysages arides du Yucatán. Le film suit deux personnages que tout semble opposer : un homme vivant dans un grand dénuement et une femme aisée enfermée dans le deuil et la solitude. À travers leurs trajectoires parallèles, le réalisateur explore la possibilité d’une rencontre et d’un lien humain dans un environnement marqué par l’immensité et le silence.

Photographe de formation, Roaux privilégie une mise en scène épurée, où chaque plan est soigneusement composé et où les gestes comptent autant que les dialogues. Le film assume un rythme lent, presque suspendu, loin des codes du cinéma contemporain. Ángela Molina et Andrés Catzin incarnent avec sobriété ces deux êtres fragilisés par la vie. Leur relation se construit progressivement, dans une forme de reconnaissance mutuelle qui laisse planer la possibilité d’un amour. En noir et blanc, Cosmos développe une esthétique à la fois austère et lumineuse. Le cinéaste transforme ainsi le Yucatán en un espace mental propice à la réflexion. Plus qu’un simple récit, le film se présente comme une méditation sur la solitude, le deuil, le temps qui passe et la persistance du lien humain.

Sukkwan Island, de Vladimir de Fontenay

sukkwan island

Avec Sukkwan Island, Vladimir de Fontenay adapte le roman de David Vann pour explorer les tensions profondes d’une relation père-fils. Le film suit un jeune homme qui accompagne son père dans une cabane isolée au cœur d’un environnement sauvage et hostile. Ce séjour, d’abord présenté comme une aventure, se transforme progressivement en une expérience inquiétante, où la survie face aux éléments se double d’une lutte psychologique.

Le réalisateur brouille volontairement les frontières entre réalité, souvenirs, hallucinations et projections, plongeant le spectateur dans un récit aux temporalités instables. Au centre du film se trouve un père fragile et imprévisible, dont les troubles affectent profondément son fils. La tension s’installe peu à peu, jusqu’à faire de leur relation un véritable combat. Swann Arlaud livre une interprétation intense, incarnant un homme partagé entre lucidité et dérive intérieure. Si l’adaptation se montre moins puissante que le roman, elle conserve une atmosphère sombre et imprévisible. En jouant constamment avec les perceptions, Sukkwan Island entretient le doute et le malaise. Le film propose ainsi une réflexion troublante sur la toxicité des liens familiaux et les conséquences d’une relation devenue impossible à supporter.

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