Critique- The Good Sister-défendre ou pardonner?

Avec The Good Sister, Sarah Miro Fischer se penche sur la question des violences sexistes et sexuelles, de la détonation qu’elles provoquent lorsqu’elles pénètrent dans le cocon familial. Un point de vue féminin qui interroge et laisse peu de place au dilemme.

Rose aime, adore son frère Sam. Lorsque celui-ci est accusé de viol par une femme, l’équilibre se fissure. La jeune femme, qui doit témoigner, se retrouve tiraillée entre l’amour et l’existence d’une vérité blessante.

Le cinéma s’empare de plus en plus du sujet des agressions sexuelles. The Good Sister jette un nouveau pavé dans une mare déjà bien remplie, en étudiant l’impact dévastateur sur la sphère familiale. Comme un uppercut, le scénario défile et laisse place à une série d’interrogations, une suite de questions épineuses et douloureuses. Doit-on se voiler la face, dire ce qui est vrai, être dans la défense d’un être aimé ou le laisser face à ses propres responsabilités ? Sarah Miro Fischer touche constamment juste, sans chercher à déranger et à remettre en cause la parole des femmes. Les violeurs sont bien des hommes, et les femmes des victimes, le récit ne provoque évidemment guère de doutes sur ce sujet. Il développe simplement l’idée de savoir comment faire, réagir, évoluer lorsque la relation est fissurée par ce genre d’événements.

the good sister

La caméra de la cinéaste pénètre dans les yeux de Rose, ce personnage féminin bien pris dans de nombreuses secousses personnelles, d’une vie qui prend un tout autre sens, et dont l’accusation vient ébranler ce qu’il reste de certitudes. Interprétée par Marie Bloching, elle représente un regard différent, une approche authentique de ce problème dangereux, l’archétype d’une femme confrontée à ses droits, à ce qu’elle pourrait vivre à cause de son genre sexuel. La mise en scène tourne uniquement sur ses jeux faciaux, ses émotions, comme dans un système intime et immersif où tout est remis en question et où la douleur de la blessure finit par créer un témoignage accablant.

Fischer reste ainsi dans une position valorisant le féminisme et la domination de la raison face à l’inacceptable, mais jamais le cinéma n’avait autant ausculté les déflagrations internes et familiales. Ce film maîtrisé et d’utilité publique sait trouver la bonne réponse, évidente et indiscutable sur ce sujet d’actualité, et tout pointe vers la notion de courage en tant que femme potentiellement concernée. Ainsi, The Good Sister engage des responsabilités, ne fait pas que traiter de la présence de bonne sœur bien-aimée, plutôt de celle dont les réactions dépassent inévitablement le cadre de la proximité et privilégient, justement, celle de la justice.

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