Disparition du cinéaste français Tony Gatlif

Le cinéaste français Tony Gatlif, réalisateur de Gadjo Dilo, a succombé à un problème de santé. Il avait 77 ans.

C’est la famille de Tony Gatlif qui a annoncé son décès, via l’Agence France-Presse. Celui qui a fait connaître la culture gitane au cinéma s’en est allé alors qu’il préparait encore un nouveau projet, d’ordre historique.

De son vrai nom Boualem Dahmani, né à Alger en 1948, Tony Gatflif signe son tout premier film en 1975, La Tête en ruine . Mais c’est avec Les Princes, sorti en 1983 avec Gérard Darmon, qu’il va peu à peu imposer sa vision des univers gitans, des valeurs traditionnelles, de l’exil et, surtout, de la musique.

Tony Gatlif franchit une nouvelle étape en présentant Latcho Drom dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 1993, un film qui fait voyager à la découverte de la communauté rom européenne. Toutefois, son coup d’éclat reste bel et bien Gadjo Dilo, avec Romain Duris, une œuvre qui rencontre un franc succès et booste sa carrière, ainsi que celle de son acteur principal. Duris le retrouvera pour Exils, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2004.

Son cinéma ne s’est toutefois jamais limité à la seule représentation du monde gitan. De Vengo à Swing, de Liberté à Djam, en passant par Indignados et Tom Medina, Tony Gatlif n’a cessé d’explorer les thèmes de l’identité, du déracinement et de la quête de liberté, souvent en donnant à la musique une place centrale.

Son dernier film, Ange, a été projeté au Cinéma de la Plage du Festival de Cannes 2025.

Il préparait notamment Oratorio, un projet consacré à la mémoire du camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales.

Avec sa disparition, c’est tout un pan d’une certaine représentation de la vie des Gitans qui s’en va. De Latcho Drom à Gadjo Dilo, d’Exils à Ange, son cinéma aura surtout cherché à donner une voix à ceux qui vivent en marge et à raconter, par la musique et le mouvement, ce que signifie être libre.

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