Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en VOD, dont Father, réalisé par Tereza Nvotova.
Father, de Tereza Nvotova

Primé au Reims Polar 2026, Father de Tereza Nvotova raconte le drame d’un père confronté à la mort accidentelle de sa fille. Le film suit minutieusement cette journée tragique, entre surmenage professionnel, fatigue et perte de repères. La caméra à l’épaule, les plans-séquences et les déplacements nerveux créent un dispositif étouffant, presque clinique. Le père apparaît à la fois comme responsable du drame et comme victime d’un système qui l’a progressivement épuisé. Sans chercher à le condamner, la réalisatrice montre les mécanismes de la culpabilité et de la responsabilité.
Le récit s’intéresse aussi à la désintégration progressive du couple et de la famille après le drame. Tereza Nvotova privilégie une approche humaine, loin d’une culpabilité simpliste, pour interroger l’épuisement professionnel et le poids des responsabilités parentales. Malgré une mise en scène parfois trop appuyée et un climat anxiogène, Father reste un film frontal et marquant. Il questionne finalement la figure du père, enfermé dans un engrenage émotionnel, mental et judiciaire dont il ne parvient plus à sortir.
Cinque secondi, de Paolo Virzi

Paolo Virzì raconte dans Cinque secondi l’histoire d’un avocat marqué par la mort de sa fille, dont la vie s’est arrêtée après un instant décisif. Retranché dans une villa délabrée, il rencontre une jeune comtesse avec laquelle se crée progressivement un lien inattendu. Le film explore le deuil, la culpabilité et le poids des décisions qui peuvent changer une existence.
À travers cette relation fragile, Virzì évoque la reconstruction et la possibilité d’un nouveau départ. La mise en scène, sobre et sensible, privilégie les émotions et les échanges entre les personnages. Sans tomber dans le pathos, Cinque secondi propose un récit profondément humain sur l’absence, le pardon et la seconde chance.
Sauvons les meubles, de Catherine Cosme

Sauvons les meubles de Catherine Cosme raconte le retour de Lucille et Paul auprès de leur mère malade, dont ils découvrent la situation financière catastrophique. En fouillant les papiers familiaux, Lucille apprend que sa mère a accumulé de nombreuses dettes pour maintenir son commerce et préserver les apparences. Ces révélations provoquent colère et incompréhension, alors que la mort de leur mère approche.
Le film explore ainsi les relations familiales, la culpabilité et la difficulté de choisir entre vérité et apaisement. À travers cette histoire intime, Catherine Cosme critique également les mécanismes bancaires et judiciaires qui peuvent faire peser les erreurs des parents sur leurs enfants. Malgré les tensions, le récit laisse une place à la sincérité et à la possibilité de réparer, même tardivement, les blessures familiales.
The World of Love, de Ga Eun Yoon

Premier long métrage de Ga Eun Yoon sorti en France, The World of Love suit une lycéenne confrontée au retour d’un criminel sexuel dans son quartier. Alors que ses camarades se mobilisent, des blessures et des vérités enfouies refont surface. Le film confronte l’insouciance de la jeunesse à la violence vécue, en adoptant le point de vue fragile de l’adolescence.
Sans montrer directement les traumatismes, la réalisatrice privilégie la retenue et accompagne son héroïne dans un parcours de reconstruction. Malgré quelques longueurs et un début hésitant, le film gagne en intensité et défend l’idée d’une émancipation possible. Une œuvre dure mais lumineuse, à la fois intime, sociale et profondément humaine.
Vanilla, de Mayra Hermosillo

Vanilla, premier long métrage de Mayra Hermosillo, suit plusieurs générations de femmes vivant ensemble dans une maison animée par les rires, les disputes et les difficultés financières. Alors que les dettes et les menaces s’accumulent, leur foyer devient un refuge fragile face aux inquiétudes. La réalisatrice mêle comédie et drame en privilégiant les petits moments du quotidien.
Derrière cette ambiance chaleureuse, le film dresse un portrait touchant de la sororité et de la solidarité familiale. À travers le regard d’une jeune fille, il évoque aussi le passage à l’âge adulte et les responsabilités qui arrivent trop tôt. Vanilla séduit ainsi par son énergie douce-amère, ses personnages imparfaits et son regard tendre sur une famille menacée de perdre son foyer.
