Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en DVD et Blu-Ray, dont Romería, réalisé par Carla Simon.
En Blu-Ray:
Romería, de Carla Simon

Dans Romería, Carla Simón raconte la quête d’identité de Marina, une jeune orpheline de 18 ans qui se rend en Galice pour retrouver sa famille paternelle et comprendre l’histoire de ses parents. Sa recherche fait émerger un lourd secret familial, lié à la mort de ses parents du sida, et révèle le poids du silence, de la honte et des non-dits. À travers cette histoire, la réalisatrice évoque également la jeunesse espagnole des années 1980, marquée par la Movida, la liberté nouvelle, mais aussi par la drogue et la stigmatisation du sida.
Pour reconstruire le passé, Marina s’appuie sur le journal intime de sa mère, qui lui permet d’imaginer la vie de ses parents et de combler les souvenirs qui lui manquent. Carla Simón mêle ainsi fiction, mémoire et éléments autobiographiques, puisqu’elle a elle-même perdu ses parents du sida lorsqu’elle était jeune. L’imaginaire, les couleurs et la voix de Marina donnent au film une dimension nostalgique et sensible. Romería devient finalement un récit sur la transmission, les secrets familiaux et la nécessité de comprendre son passé pour construire son identité.
Cosmos, de Germinal Roaux

Dans Cosmos, Germinal Roaux propose une œuvre contemplative qui explore la solitude et la possibilité d’une rencontre humaine dans les paysages arides du Yucatán. Le film suit deux personnages que tout oppose : un homme vivant dans une grande précarité et une femme aisée enfermée dans le deuil. À travers leurs trajectoires parallèles, le réalisateur construit progressivement un lien fragile entre deux êtres profondément seuls.
La mise en scène, très épurée, accorde une place importante aux silences, aux gestes et aux paysages. Photographe de formation, Roaux compose chaque plan avec précision, donnant au noir et blanc une dimension à la fois austère et lumineuse. Le rythme lent et l’absence de spectaculaire renforcent la dimension méditative du film. Porté par Ángela Molina et Andrés Catzin, Cosmos devient ainsi une réflexion sensible sur la perte, le temps, la solitude et la possibilité de renouer avec l’autre.
Father, de Tereza Nvotova

Dans Father, Tereza Nvotova raconte la tragédie d’un père confronté à la mort accidentelle de sa fille après l’avoir oubliée dans une voiture en pleine chaleur. Le film explore la responsabilité, la culpabilité et l’épuisement professionnel, sans réduire le personnage à celui d’un simple coupable. La mise en scène, volontairement étouffante, suit au plus près son parcours et restitue la confusion mentale d’un homme dépassé par les événements. À travers cette tragédie intime, la réalisatrice montre aussi les conséquences de la pression professionnelle sur la vie familiale.
Plans-séquences, caméra à l’épaule et déplacements nerveux créent une atmosphère anxiogène qui enferme progressivement le protagoniste dans son propre drame. Le récit s’intéresse autant à son effondrement qu’au couple qui tente de survivre après la disparition de l’enfant. Sans chercher à apporter un jugement simpliste, Father interroge la fonction de père, le poids des responsabilités et les failles humaines. Malgré un dispositif parfois éprouvant, le film se distingue par sa dimension profondément humaine et sa manière de traiter un fait divers encore rarement représenté au cinéma.
Furcy, né libre, de Abd-Al-Malik

Dans Furcy, né libre, Abd Al Malik raconte le combat de Furcy, un esclave de La Réunion qui, en 1817, cherche à faire reconnaître sa liberté de naissance. Aidé par un procureur abolitionniste, il engage une longue bataille judiciaire contre un système colonial qui considère les esclaves comme des biens. Le film montre les violences, les inégalités et les contradictions d’une législation héritée du Code noir. À travers ce parcours, le réalisateur revient sur une page méconnue de l’histoire de l’esclavage en France, plusieurs décennies avant l’abolition de 1848.
Porté par Makita Samba, qui incarne Furcy avec force, le film met en lumière la détermination d’un homme face à une société organisée autour de la domination et des intérêts économiques. Abd Al Malik adopte une mise en scène classique et réaliste, tout en donnant au récit une forte dimension humaine et politique. Le personnage de Furcy devient ainsi le symbole d’un combat pour la liberté et les droits fondamentaux. Le film rappelle enfin que son affaire constitue un épisode important de l’histoire abolitionniste, longtemps resté dans l’ombre.
The World of Love, de Ga Eun Yoon

Dans The World of Love, Ga Eun Yoon suit une lycéenne confrontée au retour d’un criminel sexuel dans son quartier. Alors que ses camarades se mobilisent à travers une pétition, des blessures et des vérités longtemps cachées refont surface. La réalisatrice filme avec sensibilité une jeunesse partagée entre insouciance et traumatisme, en plaçant l’adolescente au cœur du récit. Le film aborde ainsi les violences sexuelles faites aux enfants tout en s’intéressant aux conséquences qu’elles peuvent avoir sur la construction personnelle.
Plutôt que de montrer directement les violences, Ga Eun Yoon privilégie la suggestion et le ressenti de son personnage. Cette approche permet de suivre progressivement son combat intérieur et son désir de reprendre le contrôle de sa vie. Malgré quelques longueurs dans sa première partie, le film gagne en intensité et affirme un message tourné vers la reconstruction. The World of Love propose ainsi un regard intime sur la résilience, en montrant qu’une victime peut se reconstruire sans être réduite à ce qu’elle a subi.
Mārama, de Taratoa Stappard

Dans Mārama, Taratoa Stappard raconte la quête d’identité de Mary, une jeune orpheline māorie adoptée en Angleterre au XIXe siècle, qui cherche à retrouver ses origines et ses parents. Son enquête la conduit chez le capitaine Cole, ancien baleinier en Nouvelle-Zélande, où elle découvre progressivement une histoire familiale marquée par la violence et la domination. Des visions permettent à Mary de revivre les souffrances de ses ancêtres et de comprendre les secrets qui entourent son passé. Le film mêle ainsi épouvante, fantastique et réflexion sur la mémoire et l’identité culturelle.
À mesure que les révélations apparaissent, Mary passe de la peur à la colère, puis à la révolte et à la vengeance. Le personnage oscille entre ses deux identités, Mary, liée à son éducation anglaise, et Mārama, profondément attachée à ses racines māories. L’ambiance sombre, les silences, la musique et les éclairages à la lanterne renforcent le suspense et la dimension inquiétante du récit. En faisant de la mémoire des morts et des liens du sang le cœur de l’histoire, Taratoa Stappard transforme cette quête personnelle en un combat pour l’honneur et la mémoire de ses ancêtres.
En DVD:
Sauvons les meubles, de Catherine Cosme

Dans Sauvons les meubles, Catherine Cosme raconte les retrouvailles de Lucille et Paul auprès de leur mère gravement malade, alors qu’ils découvrent qu’elle leur a caché la gravité de son état. En rangeant les affaires familiales, ils découvrent aussi une situation financière catastrophique et de nombreuses dettes accumulées au fil des années. Lucille doit alors faire face à la colère, à la déception et à la peur de devoir assumer les conséquences des choix de sa mère. Le film interroge ainsi les responsabilités des parents et les conséquences de leurs décisions sur leurs enfants.
Au-delà du drame familial, Catherine Cosme porte un regard critique sur les systèmes bancaire et judiciaire, qui semblent laisser peu de place aux situations humaines. Lucille se retrouve surtout confrontée à un dilemme : révéler toute la vérité à sa mère ou préserver les derniers moments qu’elles peuvent encore partager. Malgré les tensions et les non-dits, le film laisse entrevoir la possibilité d’une réconciliation grâce à la sincérité. Sauvons les meubles devient ainsi une réflexion sensible sur la famille, les dettes, la responsabilité et les dernières occasions de réparer une relation.
