Rue Málaga, À pied d’œuvre: notre sélection streaming

Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en streaming, dont Rue Málaga, réalisé par Maryam Touzani.

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Rue Málaga, de Maryam Touzani

rue malaga

Dans Rue Málaga, Maryam Touzani suit Maria Angeles, une femme de plus de soixante-dix ans qui refuse de quitter l’appartement où elle a construit sa vie. Lorsque sa fille Clara souhaite vendre le logement familial, deux visions s’opposent : le pragmatisme contemporain face à l’attachement aux racines. À Tanger, Maria Angeles trouve auprès de son quartier et d’Abslam, un antiquaire, de nouveaux liens et un amour tardif. La réalisatrice filme avec délicatesse une femme qui revendique son droit au désir, à la liberté et à rester chez elle.

À travers cette histoire intime, Rue Málaga interroge la transmission, les fractures générationnelles et notre rapport aux lieux qui nous construisent. L’appartement devient un véritable espace de mémoire, tandis que Tanger s’impose comme un personnage à part entière, chaleureux et vivant. Malgré quelques passages prévisibles, Maryam Touzani signe une œuvre sensible sur le temps qui passe, l’enracinement et la peur de perdre ses repères.

À pied d’œuvre, de Valérie Donzelli

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Dans À pied d’œuvre, Valérie Donzelli suit Paul Marquet, un ancien photographe reconverti dans l’écriture, qui peine à faire publier son roman et se retrouve contraint d’enchaîner les petits boulots pour survivre. À travers son parcours, la réalisatrice dresse un portrait sensible de la précarité dans le milieu littéraire et de la difficulté à exister lorsque la reconnaissance disparaît. Issu d’un milieu aisé, Paul découvre brutalement la pauvreté et voit son identité bouleversée par cette nouvelle réalité.

Entre comédie et drame, Donzelli explore les liens entre création et expérience vécue, faisant de la précarité une matière nouvelle pour l’écrivain. Porté par la voix off de Bastien Bouillon, le film mêle douceur mélancolique, observation sociale et regard profondément humain. À pied d’œuvre raconte ainsi la chute d’un homme autant que sa reconstruction, en montrant comment les rencontres, les petits boulots et les accidents du quotidien peuvent nourrir l’écriture.

Father, mother, sister, brother, de Jim Jarmusch

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Grand gagnant de la Mostra de Venise 2025, Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch explore les relations familiales à travers trois récits marqués par les non-dits et l’incommunicabilité. Parents et enfants y semblent davantage cohabiter que véritablement communiquer, enfermés dans des habitudes et des rapports affectifs distants. Avec son humour sec et sa mise en scène minimaliste, Jarmusch observe ces situations ordinaires avec une précision presque clinique, laissant affleurer un malaise aussi discret que persistant.

Le film dissèque ainsi les fragilités de la cellule familiale, entre rigidité parentale, absence émotionnelle et difficulté à exprimer les sentiments. Les décors épurés, les silences et les gestes retenus renforcent cette impression d’étouffement, dans un cinéma qui laisse volontairement une grande place au non-dit. Le dernier segment, consacré à un frère et une sœur confrontés au deuil de leurs parents, apporte toutefois une note plus apaisée et lumineuse. Jarmusch signe ainsi une œuvre sobre, ironique et profondément humaine sur ce qui sépare parfois ceux qui sont pourtant les plus proches.

5 septembre, de Tim Fehlbaum

5 septembre

Dans 5 septembre, le réalisateur plonge dans les coulisses d’ABC Sports au moment de la prise d’otages des Jeux olympiques de Munich, le 5 septembre 1972. Alors que l’événement est retransmis pour la première fois en direct, une équipe de journalistes doit décider, seconde après seconde, de ce qu’elle peut montrer aux centaines de millions de téléspectateurs. Dans le huis clos de la régie, les techniciens improvisent avec les moyens de l’époque tandis que le producteur Geoff, incarné par John Magaro, tente de maintenir la diffusion malgré l’ampleur de la tragédie.

À travers cette course contre le temps, le film interroge la responsabilité des médias face à l’événement en direct, tout en revenant sur la prise d’otages menée par Septembre noir, qui coûta la vie à onze athlètes israéliens. La tension ne cesse de monter, portée par une mise en scène nerveuse et un huis clos étouffant, jusqu’au point de bascule. 5 septembre offre ainsi une plongée captivante dans les coulisses du journalisme télévisé et rappelle les enjeux éthiques auxquels sont confrontés ceux qui doivent informer dans l’urgence.

Sur CINE+OCS:

Eleonora Duse, de Pietro Marcello

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Dans Eleonora Duse, Pietro Marcello revient sur les dernières années de la célèbre actrice italienne, éternelle rivale de Sarah Bernhardt, incarnée avec intensité par Valeria Bruni-Tedeschi. Entre archives, fiction et poésie, le réalisateur compose un portrait sensible d’une artiste entièrement dévouée à son art, jusqu’à continuer à jouer malgré la maladie. Dès les premières images, son cinéma flamboyant transforme la mémoire de la Duse en véritable hommage.

Loin du biopic classique, Marcello s’intéresse davantage à la trace laissée par l’actrice et à son influence sur le théâtre moderne, notamment par son approche plus intérieure et naturelle du jeu. Valeria Bruni-Tedeschi restitue avec fragilité sa voix et sa vulnérabilité, tandis que le film interroge les liens entre art, pouvoir, mémoire et image. Une œuvre élégante et profondément romanesque qui réhabilite la figure majeure d’Eleonora Duse.

Sur Sooner:

Les Fleurs du manguier, de Akio Fujimoto

les fleurs du manguier

Dans Les Fleurs du manguier, Akio Fujimoto suit un jeune garçon et sa sœur qui quittent un camp de réfugiés au Bangladesh pour tenter de rejoindre leur famille en Malaisie. À travers leur périple, le réalisateur met en lumière la situation des Rohingyas, dont le drame humanitaire reste trop souvent absent de l’actualité. Filmé à hauteur d’enfant, ce voyage dangereux plonge les deux protagonistes dans une nature hostile où la peur et le désespoir côtoient l’espoir de retrouvailles.

Récompensé du Prix spécial du jury Orizzonti à Venise en 2025, le film privilégie l’intime à la violence spectaculaire. La photographie sombre accompagne cette fuite nocturne, tandis que la relation entre le frère et la sœur devient le cœur émotionnel du récit. Avec une mise en scène pudique et une musique délicate, Fujimoto filme leur courage et leur persévérance sans jamais tomber dans le pathos. Un récit poignant qui transforme une tragédie politique en aventure humaine.

Sorda, de Eva Libertad Garcia

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Dans Sorda, Eva Libertad Garcia suit Angela, une jeune femme sourde qui devient mère d’une petite fille entendante. Alors qu’elle communique naturellement en langue des signes avec son entourage, l’arrivée d’Ona bouleverse ses repères et fait naître chez elle la crainte de ne pas parvenir à créer avec sa fille le même lien que son compagnon entendant. À travers cette maternité, le film explore les difficultés de communication, d’intégration et les inquiétudes liées à la différence.

La réalisatrice s’intéresse aussi aux obstacles du quotidien, de la crèche aux relations familiales, en montrant combien le monde reste souvent pensé pour les entendants. Eva Libertad Garcia fait notamment ressentir au spectateur la perception sonore d’Angela, jusqu’à rendre les prothèses auditives inconfortables et les bruits environnants presque oppressants. Porté avec justesse par Miriam Garlo, la sœur de la réalisatrice, Sorda livre un récit social et profondément humain sur la surdité, la maternité et la nécessité de trouver un langage commun.

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