Les Musiciens : les sanglots longs des violons

Cinq ans après Les Parfums, Grégory Magne revient en solo avec Les Musiciens, une symphonie annoncée, mais qui sonne creux.

Alors que son premier long-métrage avait été accueilli avec bienveillance, Les Musiciens devait confirmer les promesses de Magne. Exit les fragrances, place aux sonorités : Astrid rêve d’entendre quatre Stradivarius s’unir pour interpréter un quatuor imaginé par le mélomane Charlie Beaumont. Le programme, alléchant sur le papier, accouche hélas d’une œuvre languissante, monocorde, dont seule Valérie Donzelli sauve quelques notes.

Le cœur du récit repose sur une série de répétitions entre musiciens, tous englués dans leur ego, enfermés dans une bâtisse cossue au cœur de la campagne. On les voit accorder violons et tempéraments dans un huis clos où règne une ambiance de bourgeoisie théâtrale et vaine. Grégory Magne, seul au scénario, brosse des personnages aux traits grossiers, surjouant la pédanterie ou la caricature. Les clichés abondent, les dialogues sonnent creux et la mise en scène, trop lisse, déroule un faux rythme pesant.

Sous une apparence léchée, le film se déploie comme une suite de scènes sans liant, dans un classicisme académique qui étouffe toute spontanéité. Ce qui devait être une comédie musicale chorale vire à la farce molle. La direction d’acteurs laisse à désirer : à l’exception de Donzelli, toujours vive et lumineuse, le reste du casting paraît figé, déconnecté, sans alchimie ni relief.

Magne reprend le ton suave et la lenteur feutrée de Les Parfums, mais cette recette ne prend plus. À peine entend-on, ici ou là, les sons chatoyants des Stradivarius, sur de trop brefs instants. Tout le reste — structure, rythme, ton — laisse un arrière-goût de déception. Les Musiciens, à force de ratures, finit par jouer faux.

Les Musiciens, de Grégory Magne, en salles le 7 mai 2025.

Note :

1/5

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