Critique- Où vont les âmes : s’en aller, dignement

Monia Chokri, Sylvie Testud et Sara Montpetit forment un trio authentique et poignant dans Où vont les âmes, un film qui interroge notre rapport à l’aide médicale à mourir.

Atteinte d’une maladie incurable, Anna souhaite retrouver ses demi-sœurs avant de mourir. Ces retrouvailles permettent à trois femmes aux parcours différents de renouer des liens familiaux fragilisés par le passé.

Sujet de discorde autant que de soulagement, l’euthanasie demeure une question délicate. Brigitte Poupart relève le défi de raconter la fin de vie d’une jeune femme de seulement 18 ans sans céder au pathos. Sur fond de faute paternelle, de criminalité et de procès, son récit explore les conséquences d’une décision mûrement réfléchie, présentée comme une réponse humaine à une situation médicale sans issue.

Où vont les âmes

La cinéaste aborde ce sujet avec pudeur, en privilégiant le cheminement intérieur d’Anna et de ses proches. Sara Montpetit incarne avec justesse cette jeune femme confrontée à son destin, tandis que les retrouvailles familiales font émerger les blessures du passé et les tensions longtemps enfouies.

Malgré quelques maladresses et certaines longueurs, Où vont les âmes captive par la sensibilité de son propos et la douceur poétique de sa mise en scène. Brigitte Poupart privilégie la suggestion, notamment à travers les plans rapprochés sur le visage d’Anna, rongée par la maladie, et les scènes où ses proches se rassemblent à son chevet. Ce huis clos intimiste laisse place aux confidences, aux doutes et aux certitudes, tandis que le temps s’écoule inexorablement.

Sans verser dans un militantisme excessif, le film prend clairement position dans le débat sur la fin de vie. Il présente l’aide médicale à mourir comme un choix personnel, envisagé au terme d’une réflexion profonde, et non comme une fatalité. Brigitte Poupart signe ainsi une œuvre sensible qui défend la dignité et la liberté de choix face à la souffrance.

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