Here, de Robert Zemeckis, sorti l’an dernier sans promotion, en catimini et dans une incroyable indifférence, sera disponible en VOD le 6 mars, avant de sortir en DVD puis en Blu-ray le 12 mars. L’occasion de découvrir un film injustement galvaudé et privé d’un potentiel beau succès en salles.
Toute l’équipe de FORREST GUMP revient au cinéma, et vous transporte dans un voyage unique à travers le temps. L’histoire de familles dont les peines, les joies et les moments de doutes se font écho à travers les générations.
Dans Here, le réalisateur de Retour vers le futur produit, une fois encore, du cinéma qui s’imprime sur la rétine, un coup de force visuel.
Here est l’histoire d’une famille et celle d’une maison. Le réalisateur américain nous embarque dans un intérieur, un salon, témoin du temps qui passe et des générations qui s’y succèdent. De la Préhistoire à l’époque actuelle, Here raconte l’histoire d’une maison, de ses différents habitants, mais aussi de ses époques, de sa construction jusqu’à son existence récente. Le logement devient le seul emplacement du film. La pièce de vie constitue le lieu essentiel de l’habitation, avec ses signes du changement moderne : la télévision, la radio, la musique, le mobilier… Robert Zemeckis place sa caméra au coin du salon, avec une série de plans fixes qui voient une galerie de personnages familiaux prendre vie dans cet espace confortable.
Génie de l’image, celui qui a réalisé Forrest Gump y incruste des cadres, chacun représentant un saut dans le temps, telle une vitrine vers les précédentes décennies et siècles. Encore une fois, le cinéaste fait preuve d’une inventivité sans faille pour raconter toute l’histoire de cette maison, sans que la caméra ne bouge de ce fameux salon qui évolue au fil du temps. En utilisant cette fabuleuse technique de composition d’images, il emmène le spectateur dans un voyage cinématographique conceptuellement et visuellement réussi. Chaque cadre qui apparaît narre des dates précises, montre une autre réalité, mais surtout révèle comment la grande bâtisse familiale devient un témoignage des évolutions techniques et humaines.
Avec seulement une batterie de plans statiques, Robert Zemeckis parvient à faire un film captivant, une merveilleuse histoire du temps, où les protagonistes prennent vie, où les décors changent. Il faut noter l’excellent travail des décorateurs qui ont pris en compte les moindres détails des intérieurs changeants, avec ce confort en harmonie totale avec les années 60-70, jusqu’à aujourd’hui. Here raconte la vie d’une famille, de parents, d’enfants qui grandissent et vivent en tant qu’adultes dans le même endroit.
Mais le film est aussi une évocation de l’importance des liens intra-familiaux, surtout de celle, vitale, d’une maison où se déroulent Thanksgiving, Noël et autres événements. Here prouve l’attachement aux racines, aux choses familières, au fait de se sentir bien dans un habitat agréable. Robert Zemeckis déploie un arsenal cinématographique particulier pour faire de tout cela une véritable prouesse technique et visuelle, sans omettre la touche émotionnelle. Le petit cocon familial accueille en son sein un cycle évolutif, de la naissance à l’adolescence, jusqu’à la mort des proches… comme un symbole du temps qui file (comme le dit le film).
Intéressant sur la forme, unique, Here l’est tout autant sur le fond, puisqu’il démontre ô combien tout cela ressemble à une peinture d’Américains bien tranquilles, très attachés aux murs, à la nostalgie du passé et aux souvenirs qui y sont liés. Le titre le symbolise si bien : les plus belles années de notre vie sont sûrement celles que nous passons dans une maison témoin de chaque événement.
