Des jours meilleurs, de Elsa Bennett et Hippolyte Dard, raconte la transition difficile entre l’addiction et l’abstinence, dans un long-métrage réaliste et savoureusement humain.
A la suite d’un accident de voiture, Suzanne perd la garde de ses trois enfants. Elle n’a plus le choix et doit se soigner dans un centre pour alcooliques. A peine arrivée, elle y rencontre Alice et Diane, deux femmes au caractère bien trempé… Denis, éducateur sportif, va tenter de les réunir autour du même objectif : participer au rallye des Dunes dans le désert marocain. Il devra s’armer de beaucoup de patience et de pédagogie pour préparer cet improbable équipage à atteindre son objectif.
Dans un centre de désintoxication, plusieurs femmes tentent de faire disparaître leurs penchants pour l’alcool. Parmi elles, Suzanne, mère veuve, addicte à la double vodka, et éloignée de ses enfants à cause de la drogue meurtrière. Elsa Bennett et Hippolyte Dard s’immergent dans les coulisses des soins médicaux, des consultations de psychiatrie et de la pratique d’activités sportives. Dès le début, Des jours meilleurs séduit par son intensité dramatique, ainsi que par son scénario argumenté qui retranscrit, avec réalisme, le quotidien de ces établissements dédiés à la remise en forme et à la sobriété totale. En filmant les actrices face à la caméra, les confessions des différentes protagonistes ajoutent une touche informative au propos, qui révèle ainsi comment l’addiction se forme, et quelles sont les situations déclencheuses. Avec ce choix, qui oscille entre un parti pris documentaire et un style fictionnel, le duo de cinéastes prend, avec sincérité, le pouls de ses personnages, tout en décrivant avec justesse la nocivité de l’alcool. Ainsi, Des jours meilleurs réussit un bon dosage entre le comique et le dramatique, en restant léger, tout en restant alerte sur les conséquences de l’addiction. L’écriture du long-métrage insiste sur le processus de guérison, informe autant sur les dangers que sur les moyens d’y parvenir.
Des jours meilleurs émeut également par son humanité, celle de ce collectif de femmes prêtes à en découdre pour réussir le pari d’être complètement abstinentes. Elsa Bennett et Hippolyte Dard réussissent à rendre ce petit groupe attachant, en captant l’essence de toutes ces femmes, leurs défaites, leurs victoires, les joies et les tristesses. Réunies dans la solidarité, en participant à un rallye, ces femmes sont dépeintes comme des modèles de résilience, certainement le mot qui ressort le plus de ce film et résume entièrement le sens des combats menés. Film sociétal, puisque l’alcool tue, Des jours meilleurs, malgré des longueurs, permet de saisir l’importance d’un problème encore tristement d’actualité en santé publique, en lien avec toutes les autres formes d’addiction, sans doute l’une des plus persistantes. Valérie Banneton, loin de ses standards, livre une autre facette de son jeu d’actrice, plus intense.
Des jours meilleurs, de Elsa Bennet et Hippolyte Dard, en salles le 23 avril 2025.
Note :
3,5/5
