Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2024, Rumours, nuit blanche au sommet, réalisé par Guy Maddin, Evan Johnson et Galen Johnson, caricature les grands dirigeants politiques dans un film horrifique aux allures de farce guignolesque.
Réunis dans un château en Allemagne pour leur sommet annuel, les dirigeants des pays du G7 s’installent en bordure d’une forêt pour préparer leur déclaration. A la nuit tombée, le groupe constate que le personnel qui les entourait a disparu. En voulant tenter de les retrouver, les sept politiciens s’enfoncent plus avant dans une forêt qui s’avère pleine de périls et de mystères.
Les politiciens les plus influents du monde se réunissent dans un lieu forestier, près d’un château, autour d’une table pour débattre de l’ordre du jour et rédiger des déclarations officielles. Alors qu’un corps ancien vient d’être exhumé par des anthropologues, ces femmes et hommes de pouvoir doivent trancher sur des décisions majeures. Mais la réunion tourne court, perturbée par l’irruption de pseudo-zombies aux corps flasques, dégoulinants de boue.
Rumours, nuit blanche au sommet s’attaque aux sommets du G7, et entend dénoncer les prises de position attendues et souvent stériles de ces rencontres diplomatiques. Mais il tombe rapidement dans une caricature outrancière et vulgaire des chefs d’État, réduits à de simples guignols dans une farce théâtrale poussive.
Le trio de réalisateurs embarque pourtant d’excellents comédiens – Cate Blanchett, Denis Ménochet, Charles Dance – dans une fanfaronnade à l’esthétique boursouflée. Quelques scènes, visuellement saisissantes, surnagent dans un océan d’images tantôt en noir et blanc, tantôt baignées dans des teintes jaune-orangées criardes. Malgré cette ambition plastique, le propos, initialement prometteur, sombre dans une pantomime grotesque où chaque personnage est grossièrement dépeint comme une marionnette ridicule.
Le résultat, plombé par un scénario indigent et une mise en scène bancale, frôle parfois le navet horrifique. Le malaise est palpable, jusque dans les compositions d’acteurs, englués dans des rôles indignes de leur talent. La direction d’acteurs vire au fiasco nanardesque.
La présence des morts-vivants, censée symboliser l’opposition des peuples face aux décisions politiques contestées, achève d’ancrer le film dans une confusion des genres. Ce qui devait être une satire mordante vire au comique involontaire, voire consternant.
Rumours, nuit blanche au sommet est si déconcertant qu’il en devient presque indescriptible. Une œuvre absurde, à la frontière du nanar, qui laisse un goût amer d’ambition ratée.
Rumours, nuit blanche au sommet, de Guy Maddin, Evan Johnson, Galen Johnson, en salles le 7 mai 2025.
Note :
0,5/5
