Kenji Tanigaki et Kensuke Sonomura proposent avec The Furious un spectacle complètement décérébré, conçu comme une avalanche survitaminée d’action et de combats aussi irréalistes qu’impressionnants.
Le synopsis de The Furious tient en une ligne : un expert en arts martiaux se lance à la poursuite d’un groupe de trafiquants responsables de l’enlèvement de sa fille. La minceur du scénario est telle que tout repose finalement sur son versant bourrin, constitué d’un enchaînement effréné de scènes d’action qui s’enchaînent jusqu’au générique de fin. Pas de temps mort ici : Tanigaki et Sonomura ne cherchent pas à faire du grand cinéma, mais à démontrer leur maîtrise de la chorégraphie et du spectacle physique.
Dans The Furious, tout est pensé pour provoquer une montée d’adrénaline permanente, quitte à basculer régulièrement dans un ridicule pleinement assumé. En la matière, le cinéma asiatique possède un savoir-faire incontestable. Chaque situation devient un prétexte à la bastonnade, avec une violence délicieusement outrancière flirtant régulièrement avec le gore. Ce cocktail sous haute tension maintient un rythme frénétique, porté par des combattants capables de transformer chaque affrontement en véritable démonstration de force.
Comme il n’y a finalement pas grand-chose à attendre de l’écriture, les deux réalisateurs transforment leur film en exercice purement chorégraphique. Le résultat demeure pourtant divertissant. Bien ficelé dans son approche de l’action, The Furious impressionne surtout par son arsenal technique, ses interprètes en excellente condition physique et ses nombreux cascadeurs embarqués dans des séquences grandiloquentes qui évoquent parfois une Battle Royale à grande échelle.
Cette surenchère de violence, peuplée de personnages sommairement caractérisés et constamment prêts à sombrer dans une rage destructrice, fait pleinement partie du projet. L’objectif est simple : offrir un divertissement primaire et sans complexe. Sans prétendre rejoindre les sommets du genre, The Furious demeure suffisamment singulier pour retenir l’attention, dans une veine proche du film indien Kill. En creusant davantage, il est également possible d’y percevoir certaines influences issues de Old Boy, de Park Chan-Wook ou encore du cinéma de Tsui Hark.
Volontairement halluciné dans son rythme, The Furious pâtit néanmoins d’une paresse scénaristique évidente. Le résultat reste correct, parfois excessivement bête, mais convoque cette folie propre à une certaine frange du cinéma asiatique, capable de repousser les limites du raisonnable au profit du pur spectacle.
La bande-annonce de The Furious:
