La Bataille De Gaulle, L’Etrangère: nos avis de la semaine

Retrouvez nos différents avis concernant les films sortis le mercredi 24 juin 2026, dont L’Etrangère, réalisé par Gaya Jiji.

On recommande:

L’Etrangère, de Gaya Jiji

Avec L’Étrangère, Gaya Jiji raconte le parcours de Selma, une Syrienne réfugiée à Bordeaux après avoir quitté son pays. Son mari est resté en Syrie, où il est emprisonné, tandis que son fils doit encore la rejoindre. Entre son travail, les démarches administratives et l’attente, elle essaie de reprendre le cours de sa vie sans jamais oublier ceux qu’elle a laissés derrière elle. Inspiré de l’expérience de la réalisatrice, le film s’attache avant tout à montrer les effets de l’exil sur une femme qui cherche à retrouver un équilibre. Porté par l’interprétation de Zar Amir, le récit privilégie les gestes, les silences et les regards plutôt que les grands discours. Sans chercher à forcer l’émotion, L’Étrangère dresse le portrait d’une femme confrontée au déracinement et aux difficultés d’une reconstruction loin de son pays.

La Bataille De Gaulle-J’écris ton nom, de Antonin Baudry

Avec La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom, Antonin Baudry conclut son diptyque par un film plus ambitieux et spectaculaire que le premier volet. En retraçant les grandes étapes de la France libre et des campagnes alliées, le réalisateur met autant en avant Charles de Gaulle que les femmes et les hommes qui ont contribué à la Libération, comme le général Leclerc ou Jean Moulin. Les scènes de guerre, particulièrement soignées, donnent au film une ampleur rare dans le cinéma français, tandis que la mise en scène privilégie le rythme et l’action sans négliger les enjeux historiques. Porté par Simon Abkarian, le récit accorde également une place importante aux autres figures de la Résistance, évitant de réduire cette période à un seul homme. Grâce à ses moyens techniques, à ses effets visuels et à sa reconstitution, La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom s’impose comme une fresque historique spectaculaire qui confirme les ambitions du cinéma français.

Maspalomas, de Aitor Arregi et José Mari Goenaga

Avec Maspalomas, José Mari Goenaga et Aitor Arregi suivent le parcours de Vicente, un retraité qui voit son quotidien basculer après un AVC. Habitué à vivre librement dans la station balnéaire où il assume enfin son homosexualité, il est contraint d’intégrer une maison de repos à la demande de sa fille. Le film s’intéresse alors à la perte d’autonomie, au vieillissement et au décalage entre un corps qui s’affaiblit et un esprit resté tourné vers la liberté. Sans céder au pathos, les deux réalisateurs décrivent le quotidien de l’établissement tout en mettant l’accent sur les émotions et les souvenirs de leur personnage. La relation qui se noue avec son compagnon de chambre apporte une dimension plus lumineuse à ce récit, où l’amitié et la solidarité occupent une place essentielle. À travers le parcours de Vicente, Maspalomas évoque avec sensibilité le poids du temps, le besoin de rester soi-même et l’importance de vivre pleinement, quel que soit son âge.

Les Caprices de l’enfant roi, de Michel Leclerc

Présenté au Festival de Cannes 2026, Les Caprices de l’enfant roi revisite librement l’histoire de France en mêlant comédie, film de cape et d’épée et fantaisie. Michel Leclerc imagine un jeune Louis XIV entouré de figures comme Molière, Cyrano de Bergerac ou d’Artagnan, qu’il fait évoluer dans un récit où se croisent fiction et réalité. Le film s’intéresse notamment à la place de Molière, dont le théâtre devient un espace de liberté face au pouvoir. À travers cette relecture, le réalisateur interroge aussi la construction de l’autorité et le regard porté sur le peuple. Portée par des dialogues vifs et une mise en scène inventive, cette fresque assume son goût pour les anachronismes et les références au cinéma populaire. Malgré quelques longueurs et des intrigues secondaires moins convaincantes, Les Caprices de l’enfant roi séduit par son énergie et son regard original sur l’histoire et la création artistique.

Seuls les rebelles, de Danielle Arbid

Avec Seuls les rebelles, Danielle Arbid raconte la rencontre entre Suzanne, une veuve libanaise, et Osmane, un migrant soudanais, dont la relation naît dans un Liban marqué par les crises. À travers cette histoire d’amour, la réalisatrice évoque la solitude, le désir de liberté et les difficultés d’un pays traversé par les tensions. Porté par Hiam Abbass, le film montre deux personnages qui cherchent à construire un avenir malgré les obstacles sociaux et personnels. Sans faire de la situation politique son sujet principal, Danielle Arbid l’inscrit en toile de fond pour mieux mettre en avant les liens qui unissent ses protagonistes. Sa mise en scène privilégie la proximité, les regards et les émotions, donnant à cette romance une dimension intime et sensible. Entre histoire d’amour et réflexion sur l’exil, Seuls les rebelles défend l’idée qu’un élan d’espoir peut encore naître au cœur d’un quotidien marqué par l’incertitude.

On ne recommande pas:

Eruption, de Pete Ohs

Première apparition de Charli XCX au cinéma, Eruption se limite à une succession de coïncidences sans véritable souffle narratif. Davantage proche du documentaire que de la fiction, le film peine à captiver sur la durée et laisse une impression de superficialité, jusqu’à paraître parfois complaisant envers son propre sujet.

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