Avec La Dernière Séance, l’Indien Pan Nalin explore un pan de son enfance, celui où son amour de la pellicule a permis d’enclencher le désir de filmer et de raconter. Un Cinema Paradiso moderne.
Dans une modeste province indienne, traversée par une ligne de chemin de fer, Samay découvre le cinéma et en tombe amoureux. Le début d’une aventure cinématographique imprimée sur sa rétine, au grand dam d’un père autoritaire, vendeur de thé.
En s’inspirant d’une partie de sa propre existence, Pan Nalin conçoit un cinéma simple et nostalgique, décrivant une période de découverte du septième art qui va peu à peu l’imprégner. Dans une bourgade perdue au fin fond de la campagne, la salle de cinéma est perçue comme un lieu sacré projetant les films des plus grandes stars bollywoodiennes. Le petit Samay fait l’école buissonnière pour rejoindre la cabine de projection, où il découvre les machines, les bobines et le métier de projectionniste.
À hauteur d’enfant, Pan Nalin raconte la naissance d’une vocation et la manière dont le cinéma nourrit l’imaginaire d’un jeune garçon qui rêve déjà de fabriquer ses propres images, allant même jusqu’à créer artisanalement sa propre salle de cinéma. Sans jamais sombrer dans la nostalgie facile, La Dernière Séance devient une déclaration d’amour à un art capable de façonner une vie, à l’image de The Fabelmans, de Steven Spielberg.
Spectacle enjoué et admiratif, ce long métrage repose sur une mise en scène d’une grande simplicité, où les histoires se construisent, se montent et se projettent sous les yeux du spectateur. L’espièglerie de Samay traduit déjà la vision personnelle de Pan Nalin, qui livre une introspection discrète sur sa vocation de cinéaste. Le réalisateur rappelle également combien la culture indienne demeure profondément marquée par Bollywood et ses superstars, dont les films nourrissent les rêves de toute une population.
Dans La Dernière Séance, Pan Nalin rend hommage à ceux qui font le cinéma, des réalisateurs aux projectionnistes, véritables artisans de la transmission. À travers ces salles populaires parfois délabrées, promises à disparaître avec l’arrivée du numérique, il célèbre un savoir-faire et une manière de vivre le cinéma aujourd’hui révolus.
Divertissant et profondément attachant, le récit emporte le spectateur vers un horizon résolument cinéphile. Il comblera les amoureux des salles obscures, des ambiances d’autrefois et de cette magie propre aux projections sur pellicule.
La bande-annonce:
