Les Filles Désir, Miss Mermaid: notre sélection streaming

Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en streaming, dont Les Filles Désir, réalisé par Princia Car.

Sur CINE+OCS:

Les Filles Désir, de Princia Car

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Avec Les Filles Désir, présenté à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2025, Princia Car signe un premier long-métrage ancré dans les quartiers populaires de Marseille. Au cœur de l’histoire, un centre social dirigé par Omar devient le théâtre de tensions amoureuses et de jeux de séduction lorsque Carmen, une jeune femme sans repères, revient dans l’équipe et bouleverse les relations avec Yasmine, la compagne du directeur. À travers ces deux personnages, la réalisatrice dresse le portrait de femmes confrontées aux inégalités sociales et à la domination masculine. Carmen et Yasmine incarnent une féminité loin des représentations habituelles, entre fragilité, désir d’émancipation et volonté de trouver leur place.

Princia Car filme Marseille au plus près de ses habitants, sans masquer la dureté du quotidien ni les mentalités parfois étriquées. Porté notamment par Lou Anna Hamon, remarquable dans le rôle de Carmen, le film privilégie l’authenticité et une mise en scène qui laisse toute sa place aux interprètes. Malgré quelques clichés et des problèmes ponctuels de prise de son, Les Filles Désir se distingue par son regard social et la sincérité de ses deux portraits féminins. Un premier film audacieux, qui révèle une réalisatrice au regard déjà affirmé.

Aux jours qui viennent, de Nathalie Najem

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Avec Aux jours qui viennent, son premier long-métrage, Nathalie Najem signe un thriller psychologique autour de l’emprise masculine et des violences faites aux femmes. Laura, une artiste trentenaire, tente de reconstruire sa vie après une relation difficile avec Joachim, un homme dépendant à la drogue, possessif et instable. Mais un accident impliquant la nouvelle compagne de son ex fait ressurgir les tensions et révèle l’emprise que cet homme exerce sur son entourage. À travers le destin de trois femmes, la réalisatrice décrit un engrenage de violence et de manipulation dont il devient difficile de sortir. Bastien Bouillon incarne un Joachim inquiétant, dont la jalousie et la paranoïa nourrissent une tension permanente.

Nathalie Najem adopte les codes du thriller pour filmer la peur et le combat de femmes qui tentent d’échapper à la domination masculine. Face à Bastien Bouillon, particulièrement convaincant dans ce rôle sombre, Zita Hanrot et Alexia Chardard donnent corps à des personnages fragilisés, mais déterminés à reprendre leur liberté. La présence d’une petite fille, témoin silencieuse de cet affrontement, renforce encore la dimension dramatique du récit. Dans la lignée de La Nuit du 12, le film aborde frontalement les violences conjugales et leurs conséquences. Un premier long-métrage tendu et sans concession, qui maintient le spectateur sous pression jusqu’au bout.

Mārama, de Taratoa Stappard

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Avec Mārama, Taratoa Stappard mêle film d’épouvante et fantastique autour des questions d’identité, de mémoire et d’héritage culturel. L’histoire se déroule dans l’Angleterre du XIXe siècle. Mary, une jeune orpheline d’origine maorie interprétée par Ariana Osborne, part à la recherche de ses origines. Son enquête la conduit chez le capitaine Cole, un ancien baleinier installé en Nouvelle-Zélande, dont le passé cache de terribles secrets. Au fil de ses découvertes, la jeune femme est traversée par des visions qui lui font revivre les souffrances de sa mère, de sa grand-mère et de sa sœur. Ces manifestations surnaturelles deviennent peu à peu le moyen de retrouver la vérité sur son histoire familiale.

Le réalisateur installe une atmosphère inquiétante, portée par une musique dramatique, des jeux d’ombres et une reconstitution soignée de l’époque. Mary passe progressivement de la peur à la colère, puis à la révolte, dans une quête qui prend la forme d’une vengeance destinée à rétablir l’honneur de ses ancêtres. Le film explore également le déchirement entre ses deux identités, anglaise et maorie, ainsi que les rapports de domination et d’appropriation culturelle. Au-delà de son efficacité comme film d’épouvante, Mārama propose un récit sur la transmission, les blessures du passé et le respect des origines. Une œuvre fantastique qui donne une dimension historique et culturelle à son atmosphère terrifiante.

Sur Netflix:

Touch, de Baltasar Kormakur

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Avec Touch, le réalisateur islandais Baltasar Kormákur surprend en signant une histoire d’amour pleine de nostalgie et de délicatesse. Le film suit Kristofer, un jeune étudiant installé à Londres, qui tombe amoureux de Miko, la fille d’un restaurateur japonais. Mais leur relation se heurte à l’opposition du père de la jeune femme et finit par se briser. Des années plus tard, devenu âgé, Kristofer décide de retrouver son amour de jeunesse. Cette recherche le ramène vers les souvenirs d’une histoire qui a profondément marqué son existence. Entre passé et présent, Kormákur raconte les rendez-vous manqués, les regrets et les sentiments qui résistent au temps. La cuisine japonaise occupe également une place importante, devenant un véritable lien affectif entre les personnages.

Avec une narration fluide et une mise en scène tout en retenue, le cinéaste évite les pièges de la romance sentimentale. Derrière cette histoire intime se dessinent aussi des thèmes plus larges, comme l’exil, l’après-guerre, les conséquences d’Hiroshima et la condition des immigrés japonais. Les allers-retours entre les deux époques donnent toute sa profondeur au récit, sans jamais rompre son équilibre. Loin de ses précédents films plus spectaculaires, Baltasar Kormákur livre une œuvre sensible et mature sur la mémoire, les choix de vie et la force des sentiments. Un film profondément humain qui rappelle que l’amour n’a pas d’âge ni de frontières.

Sur Sooner:

La Bataille De Gaulle: J’écris ton nom, de Antonin Baudry

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Avec La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom, Antonin Baudry conclut son diptyque consacré au général de Gaulle avec un second volet plus spectaculaire et épique. Doté d’un budget de plus de 30 millions d’euros, le film retrace les grandes étapes de la France libre, des combats en Afrique aux opérations menées avec les Alliés. Simon Abkarian retrouve le rôle de De Gaulle, tandis que Niels Schneider incarne un général Leclerc particulièrement héroïque. Le récit accorde également une place importante aux compagnons de la Résistance, parmi lesquels Jean Moulin, interprété par Félix Kysyl, et la jeune Livia, jouée par Anamaria Vartolomei. En élargissant son regard à ces figures, Baudry rappelle que la victoire fut aussi le fruit d’un engagement collectif.

La mise en scène impressionne par l’ampleur des scènes de guerre, la qualité des effets visuels et le soin apporté aux décors et à la photographie. Le réalisateur privilégie l’action et le souffle épique, tout en maintenant un rythme soutenu et une narration fluide. Moins caricatural que le premier épisode, ce volet donne davantage de relief aux personnages et aux enjeux historiques. Cette conclusion confirme l’ambition d’un cinéma français capable de produire des œuvres de grande ampleur. Une superproduction solide et spectaculaire, qui rend hommage à celles et ceux qui ont contribué à la libération de la France.

Miss Mermaid, de Pauline Brunner et Marion Verlé

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Avec Miss Mermaid, Pauline Brunner et Marion Verlé signent une comédie fantaisiste autour du mythe de la sirène. Fanny, une trentenaire endettée qui travaille dans une entreprise de crevettes, voit son quotidien bouleversé lorsqu’elle rencontre Anémone, une sirène professionnelle. Fascinée par cet univers, elle décide de participer au concours de Miss Mermaid. Porté par une Aloïse Sauvage pleine d’énergie, le film suit le parcours d’une femme ordinaire qui tente de sortir d’une existence devenue trop étroite. Avec son franc-parler et ses maladresses, Fanny est une héroïne attachante, loin des représentations habituelles de la féminité.

Inspiré de l’histoire d’Alexia Colibert, sirène professionnelle à Fécamp, le film mêle habilement réalisme social et fantaisie. Derrière son humour et son univers aquatique, il aborde les difficultés financières, le poids du travail et le besoin de trouver sa place. La photographie aux tonalités bleutées et les séquences sous-marines renforcent cet imaginaire singulier. Sans chercher à délivrer une leçon, Pauline Brunner et Marion Verlé racontent avec tendresse le désir de changer de vie et de croire en ses rêves, même les plus improbables. Une comédie estivale pleine de fraîcheur et de fantaisie.

Les Caprices de l’enfant roi, de Michel Leclerc

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Présenté au Festival de Cannes 2026, au Cinéma de la Plage, Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc revisite l’histoire de France avec humour et fantaisie. Le film met en scène le jeune Louis XIV entouré de personnages célèbres comme Molière, Cyrano de Bergerac et d’Artagnan. Entre comédie, vaudeville et film de cape et d’épée, le réalisateur joue avec les anachronismes et mélange librement réalité historique et fiction. Molière occupe une place centrale dans ce récit, notamment à travers son rapport au pouvoir et la liberté de parole des artistes durant la Fronde. Le film s’intéresse également à la manière dont le jeune roi découvre progressivement les réalités du peuple, loin du monde dans lequel il a grandi.

Michel Leclerc multiplie les références au cinéma populaire et privilégie les dialogues vifs ainsi qu’une mise en scène pleine d’énergie. Cette liberté de ton donne au film une vraie personnalité, même si quelques longueurs et certaines intrigues secondaires, notamment sentimentales, affaiblissent parfois l’ensemble. Le réalisateur évite le piège de la reconstitution classique et transforme le patrimoine historique en terrain de jeu. Une comédie historique audacieuse, qui interroge avec légèreté les rapports entre pouvoir, vérité et liberté artistique.

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