L’Étrangère, The Furious: notre sélection DVD et Blu-Ray

Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en DVD et en Blu-Ray, dont L’Étrangère, réalisé par Gaya Jiji.

En DVD:

L’Étrangère, de Gaya Jiji

l'étrangère

Avec L’Étrangère, Gaya Jiji s’inspire de sa propre expérience de femme exilée pour raconter le parcours d’une Syrienne contrainte de reconstruire sa vie en France. Selma arrive à Bordeaux sans son fils, tandis que son mari est emprisonné dans les geôles du régime syrien. Seule et sans repères, elle tente de faire venir son enfant avec l’aide d’un avocat, tout en cherchant à retrouver une place dans cette nouvelle existence. Le film aborde le déracinement, l’attente et les difficultés de celles qui doivent tout quitter pour fuir les persécutions. Zar Amir incarne cette femme meurtrie avec beaucoup de justesse, donnant à voir ses doutes et sa fragilité.

La réalisatrice privilégie une mise en scène intimiste, faite de silences, de plans rapprochés et de décors resserrés qui renforcent le sentiment d’isolement de son personnage. Entre son travail dans un restaurant, son appartement et le cabinet de son avocat, Selma évolue dans un quotidien limité, marqué par l’incertitude. Une relation naissante avec Jérôme, interprété par Alexis Manenti, laisse entrevoir la possibilité d’une reconstruction affective. Sans tomber dans le mélodrame, Gaya Jiji livre un récit personnel sur l’exil et ses conséquences humaines, qui donne un visage à celles et ceux contraints de recommencer leur vie loin de leur pays.

The Furious, de Kenji Tanigaki

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Avec The Furious, Kenji Tanigaki et Kensuke Sonomura livrent un film d’action débridé, où les combats et les cascades prennent largement le dessus sur le scénario. L’histoire tient en quelques mots : un expert en arts martiaux part à la recherche de sa fille, enlevée par un réseau de trafiquants. Un prétexte qui permet surtout aux deux réalisateurs d’enchaîner les affrontements sans laisser le moindre répit au spectateur. Chorégraphies spectaculaires, violence décomplexée et séquences parfois proches du gore composent un spectacle qui assume pleinement ses excès. À l’image du cinéma asiatique le plus déjanté, le film mise sur l’adrénaline et la performance physique de ses interprètes et cascadeurs.

L’écriture reste toutefois très sommaire et les personnages manquent singulièrement d’épaisseur. Mais ce n’est visiblement pas la priorité de Tanigaki et Sonomura, davantage intéressés par la mise en scène des combats et la surenchère visuelle. Dans une veine qui rappelle Kill, avec quelques réminiscences de Old Boy et du cinéma de Tsui Hark, The Furious assume son côté excessif et parfois franchement invraisemblable. Un divertissement brutal et spectaculaire, qui ne cherche jamais à faire dans la finesse, mais trouve son intérêt dans une action menée à cent à l’heure.

L’Affaire Zanetti, de Leonardo Di Costanzo

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Présenté à la Mostra de Venise, L’Affaire Zanetti, de Leonardo Di Costanzo, s’inspire d’une histoire vraie pour aborder les questions de culpabilité, de mémoire et de réinsertion sociale. Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, purge sa peine dans un centre de réadaptation pénitentiaire. Souffrant d’amnésie, elle participe à des entretiens avec un criminologue, interprété par Roschdy Zem, afin de comprendre les circonstances du drame. Au fil de leurs échanges, les tensions familiales et les blessures du passé refont surface, dessinant le portrait d’une femme confrontée à un crime dont elle ne conserve que des souvenirs fragmentaires.

Leonardo Di Costanzo privilégie une mise en scène dépouillée, essentiellement construite autour des dialogues, des silences et des regards. Barbara Ronchi incarne avec retenue cette détenue dont le passé se dévoile progressivement, sans jamais chercher à susciter une compassion immédiate. Proche du film d’investigation, le récit s’intéresse surtout au travail de reconstruction personnelle et à la possibilité d’une seconde chance après un crime. Malgré quelques longueurs et une certaine froideur, L’Affaire Zanetti propose une réflexion sur la responsabilité pénale et les difficultés de la réhabilitation, sans chercher à excuser les actes de son personnage principal.

En Blu-Ray:

Les Caprices de l’enfant roi, de Michel Leclerc

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Présenté au Festival de Cannes 2026, au Cinéma de la Plage, Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc revisite l’histoire de France avec humour et fantaisie. Le film met en scène le jeune Louis XIV entouré de personnages célèbres comme Molière, Cyrano de Bergerac et d’Artagnan. Entre comédie, vaudeville et film de cape et d’épée, le réalisateur joue avec les anachronismes et mélange librement réalité historique et fiction. Molière occupe une place centrale dans ce récit, notamment à travers son rapport au pouvoir et la liberté de parole des artistes durant la Fronde. Le film s’intéresse également à la manière dont le jeune roi découvre progressivement les réalités du peuple, loin du monde dans lequel il a grandi.

Michel Leclerc multiplie les références au cinéma populaire et privilégie les dialogues vifs ainsi qu’une mise en scène pleine d’énergie. Cette liberté de ton donne au film une vraie personnalité, même si quelques longueurs et certaines intrigues secondaires, notamment sentimentales, affaiblissent parfois l’ensemble. Le réalisateur évite le piège de la reconstitution classique et transforme le patrimoine historique en terrain de jeu. Une comédie historique audacieuse, qui interroge avec légèreté les rapports entre pouvoir, vérité et liberté artistique.

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