Après Godland, Hlynur Palmason revient à l’intime avec L’Amour qu’il nous reste, une fresque désespéréé sur le délittement d’une famille islandaise, un récit de séparations, d’enfants.
L’Amour qu’il nous reste se regarde presque comme un documentaire. Un homme pecheur, une femme artiste en quete de reconnaissance, des enfants d’apparence heureuse qui jouent. En realité, Palmason filme un malheur caché, célui du divorce, de ses conséquences, le genre de choses qui fait éclater tout un cocon. Nous voici devant une histoire qui ressemble à tant d’autres, quasiment un récit de la transition humaine et émotive, un cap douloureux à franchir.
Hlynur Palmason se mue en cinéaste des sentiments, dans une oeuvre de style bergmanien ou l’univers familial a de bons airs de sonates d’automne, de désaccords en tout genre, et surtout d’une incommunicabilité manifeste. L’Islandais s’accapare d’un thème bien nordique, recemment vue chez Joachim Trier dans Valeur sentimentale, mais ne se contente pas de filmer les incomprehensions, les disputes, ou les coups de tete intempestifs. La musique bergmanienne facon Palmason se dote d’une sonorité plus légère, d’un espoir décu de reconciliation, de cette amour qu’il leur reste, et qui fait que les émotions sont toujours bien présentes. L’Amour qu’il nous reste represente le vernis de l’amour, craquéle, mais dont les fondements ne sont pas encoré détruits.
Exit l’avalanche de sentiments, le film de Palmason chasse le romantisme exarcerbé au profit d’une cinématographie naturaliste, impressionniste, ou les paysages de l’Islande composent les plans, les cadres, comme cet epouvantail planté au beau milieu d’un lopin de terre. Tout est filmé comme un carte postale, des montagnes, vallées, jusqu’au travail de pécheur, le metier phare en Islande, magnifiés par les visions sur les filets, les poissons, les bateaux. Palmason livre des compositions proches de celles d’un Weerasethakul, avec une nature mis en boite avec ce qu’il faut d’emerveillement et de symétrie des plans.
La mise en scène volontairement tourné vers un aspect quasi-pictural donne un peu d’allant à un fond quelque peu amer, qui n’est tout simplement qu’une allégorie normale des tourments humains, liés aux sentiments amoureux. Doux et tendre, l’ensemble se comporte de fragments teintés d’une certaine mélancolie, de la nostalgie du passé, du temps qui s’egrene, emportant avec lui son flot d’incertitudes et d’amertume.
L’Amour qu’il nous reste, de Hlynur Palmason, en salles le 17 décembre 2025
La bande-annonce:
