Le palmarès du Prix Louis-Delluc 2025 met à l’honneur deux œuvres qui ont marqué l’année par leur sensibilité et leur singularité de regard. Hafsia Herzi remporte la récompense principale avec La Petite dernière, tandis que Valentine Cadic s’impose dans la catégorie du meilleur premier film avec Le Rendez-vous de l’été.
La victoire d’Hafsia Herzi apparaît comme la continuité logique d’un parcours déjà brillamment entamé à Cannes, où Nadia Melliti avait reçu le Prix d’interprétation féminine pour son rôle dans La Petite dernière. Le film, porté par une mise en scène intime et sans emphase, confirme la capacité d’Herzi à construire un cinéma profondément ancré dans le réel, où les émotions affleurent sans jamais être forcées. En succédant à Miséricorde d’Alain Guiraudie, la cinéaste inscrit son œuvre dans une lignée d’auteurs dont le regard, souvent tendre et sans illusions, interroge les zones d’ombre des trajectoires individuelles. Cette distinction pourrait aussi fortement peser dans la balance en vue des César 2026, tant le film semble désormais s’imposer comme l’un des favoris annoncés.
Face à lui, la concurrence était particulièrement solide. Dossier 137 de Dominik Moll, Enzo de Laurent Cantet réalisé par Robin Campillo, Laurent dans le vent d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon, Love Me Tender d’Anna Cazenave Cambet, ainsi que Nouvelle Vague de Richard Linklater composaient une sélection éclectique où cohabitaient drame social, cinéma d’auteur affirmé et propositions plus expérimentales. Que La Petite dernière s’y distingue montre la force d’un film qui parvient à faire résonner une histoire intime avec une ampleur universelle.
Le prix du meilleur premier film revient à Valentine Cadic pour Le Rendez-vous de l’été, une œuvre qui surprend par son mélange d’urgence contemporaine et de délicatesse narrative. Le film suit une jeune femme originaire de Normandie projetée au cœur de l’effervescence des Jeux olympiques de Paris 2024, un décor où le mouvement incessant du monde contraste avec une quête personnelle plus silencieuse : retrouver une demi-sœur dont elle a perdu la trace. Valentine Cadic y déploie une sensibilité rare pour capter la fragilité de ses personnages, tout en maîtrisant la dimension romanesque de son récit. Ce premier long-métrage, à la fois ancré dans un réel brûlant et traversé d’une émotion discrète, confirme l’émergence d’une cinéaste à suivre.
Le jury, présidé par Gilles Jacob et composé de critiques et journalistes parmi lesquels Sophie Avon, Alex Vicente, Ariane Allard, Ava Cahen, Charlotte Lipinska, Élisabeth Franck-Dumas, Jean-Marc Lalanne, Jean-Michel Frodon, Gérard Lefort, Mathieu Macheret, Pierre Murat et Sophie Grassin, signe ainsi un palmarès où l’intime, la quête de soi et la finesse d’observation constituent des lignes de force communes.

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