Critique – Pour Klára : l’influence des relations proches

Dans son film Pour Klára, le cinéaste Olmo Omerzu met en scène une jeune fille atteinte d’anorexie, Klára, en vacances en Croatie avec son père et son frère. Elle tombe amoureuse d’un garçon du coin, ce qui la fait revivre, avant qu’un évènement soudain ne vienne troubler son équilibre.

L’anorexie est une maladie grave de l’époque actuelle, méconnue et encore souvent incomprise. Elle est représentée de manière intelligente par le réalisateur qui porte un regard constructif. Pour Klára expose une vision contraire à la glorification voire au culte de la maigreur présents dans le mannequinat par exemple. L’état d’esprit de Klára (Dexter Franc) est perceptible, ses symptômes servent de repères de base. La caméra n’est pas focalisée dessus, évitant un malaise inutile. La rencontre avec Denis (Timon Strubje), pêcheur local, est un évènement déclencheur extérieur qui change radicalement la mentalité de la jeune fille. Au fur et à mesure qu’elle tombe amoureuse de lui, son élan vital revient, son visage s’illumine, ce qui se remarque parfaitement à l’écran.

Pour Klára montre l’influence claire de cette relation intime sur l’état de la jeune fille malade. Peu de choses sont dites sur les circonstances de l’incident qui vient perturber leur idylle, mais il sert le propos du film. L’intrigue reste concentrée sur ce qui importe pour cette famille, à savoir l’état de santé de Klára. Séparée de son amoureux et visiblement très fragile, elle est hospitalisée d’urgence. Elle se raccroche à cette relation sincère dans laquelle elle a espoir.

L’équilibre familial en place autour de la jeune fille constitue l’autre axe primordial du scénario. Les parents, David (Bary Ward) et Laura (Barbora Bobulova), séparés depuis peu, unissent leurs forces pour leur fille. Olmo Omerzu réussit à reproduire dans Pour Klára ce qu’il se passe dans la réalité de beaucoup. Est-ce à cause de cette maladie que les parents se sont séparés ou est-ce que la maladie est survenue suite à leur séparation ? Les tensions autour de cette ambivalence sont prégnantes. Cette famille au passé inconnu vit au jour le jour dans l’incapacité de se projeter.

Toute l’attention des parents est tournée vers la grande sœur au détriment du petit frère qui est visiblement délaissé. Teo (Antonin Chmela) est forcé de faire bloc et de soutenir le groupe autour de Klára. Ce risque fréquent dans les familles avec un membre malade est très bien filmé. En lien direct avec l’agacement du frère, le film se finit dans un suspens inquiétant. Ce choc contraste fortement avec tout le rythme du film, lent et calme, qui évite le dramatisme autour de la maladie.

Pour Klára interroge profondément les façons de réagir des uns et des autres face à une telle maladie et dans un tel cas de figure. Le père est prêt à tout pour que sa fille s’en sorte malgré les risques inconnus, la mère finit par se laisser convaincre et rentre dans le jeu. Que faire à leur place ? L’importance indiscutable pour la personne malade de relations proches, familiales, amoureuses ou amicales sonne comme une évidence. Quand elles sont saines, sincères et bénéfiques, elles sauvent et participent à la guérison.

La bande annonce de Pour Klára:

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